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Vent de fronde à l’école des Jardins


Par Yannick Sourisseau | le 26 Janvier 2009 | lu 1411 fois

Réorganisation du temps de travail, soutien scolaire, suppression de l’aide spécialisée, évaluation des écoliers, les réformes entreprises par le Ministre de l’Éducation Nationale ne passent pas. A l’école des Jardins, enseignants et parents d’élèves se sont rencontrés samedi matin pour faire le point sur les réformes proposées et décider des actions à mener.



Conseil d'école, enseignants et parents d'élèves pendant la présentation d'un questionnaire préparé par l'Education Nationale
Conseil d'école, enseignants et parents d'élèves pendant la présentation d'un questionnaire préparé par l'Education Nationale
De mémoire d’enseignant on avait jamais vu un train de réforme aussi important. A croire que le Ministre Xavier DARCOS veut à tout prix réaliser ce que ses prédécesseurs n’ont pas réussi. Mais « le mammouth », nom que l’on donne souvent à l’Éducation Nationale, eu égard à sa taille, sera difficile à dégraisser et le ministre risque bien, une fois de plus de s’y casser les dents.

A Brissac-Quincé, les parents d’élèves des enfants scolarisés à l’école des Jardins, difficilement mobilisables, selon les termes du Conseil de Classe et de l’APE (Association des Parents d’élèves), sont venus en nombre, une bonne centaine, ce samedi matin 24 Janvier pour prendre connaissance des réformes.

« Nous vous alertons sur les changements profonds en cours et à venir. L’avenir de vos enfants en dépend » avaient lancé les 14 enseignants et la direction de l’école publique des Jardins, aux parents des quelques 350 élèves scolarisés.

Si tout le monde s’accorde à dire que l’éducation à la française va mal, peu de ministres, de gauche comme de droite, ont trouvé des solutions satisfaisantes, à la fois pour les enseignants qui se sentent floués à la première occasion et pour les parents qui n’aiment pas que l’on prenne leur enfants en otage.

Tout porte à croire qu’il faudra encore des années avant que notre système éducatif emporte l’adhésion de tous, et en premier chef de ceux qui sont sur le terrain. « Désormais on va demander de la rentabilité aux enseignants » disent hauts et forts des maîtres d'école qui n’aiment pas bien qu’on leur demande des comptes et encore moins qu’on les juge sur la qualité de leur travail.

Et l’enfant, principal intéressé, comment est-il, lui aussi pris en compte ? « On ne parle que de l’apprentissage. On met de côté tout ce qui est du mal être de l’enfant » dit en substance une psychologue du RASED (Réseau d’Aide Spécialisé aux Enfants en Difficultés), laquelle s’inquiète du nombre d’enfants en détresse. Ces derniers ballotés entre des parents employés qui leur consacrent peu de temps et des enseignants qui se sentent agressés par leur ministre de tutelle, ont certainement de la difficulté à trouver des repères.

« Actuellement l’Éducation Nationale c’est une cocotte minute » dit une enseignante du RASED de Saumur, venue en voisine. « On ne sait plus où on va, le climat est délétère dans les écoles primaires ». La morosité est palpable et les enseignants qui affirment multiplier les efforts pour soutenir les enfants qui leur sont confiés, quitte à faire des heures supplémentaires, sombrent eux aussi dans une profonde détresse. Et c'est presque un appel au secours que lancent des enseignants démoralisés.

« Il faut que les parents se mobilisent car c’est tout le système éducatif que l’on est en train de détruire » affirme Madame GUICHARD, enseignante et directrice de l’école. Et cette dernière d’ajouter que les heures manquent pour aider les élèves en difficultés. « Malgré tous les problèmes que nous rencontrons, nous ne laisserons aucun élève sur le bord de la route » disent unanimement les enseignants qui vivent cette période comme une tentative de privatisation de l’école publique.

Quant aux parents, visiblement inquiets de la situation, ils sont prêts à suivre les enseignants, pour peu que ceux-ci leurs donnent toutes les clés pour comprendre où va le système éducatif public. Tous devraient battre le pavé, le 29 janvier, pour des services publics de qualité qui assurent en particulier leur rôle de réponse aux besoins sociaux et de solidarité.

Pour en savoir + sur les réformes de l'Éducation Nationale




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