Ils s’appellent Yann, Pierre-Yves et Laurent. Ils sont agriculteurs en Centre-Bretagne, entre Finistère, Cotes-d’Armor et Morbihan, et se racontent face à la caméra de Jean-Jacques Ruault. Non pas pour se plaindre de leurs rudes conditions de vie, ni pour revendiquer l’impossible, juste pour témoigner sans faux semblants sur leur métier. Un métier fait de labeur, d’aléas, de doutes mais aussi parfois de plénitude.
Subissant nombre de contraintes (réglementations, cours du lait, fluctuations, paperasserie…), s’interrogeant sur une politique européenne qui préfère subventionner que rémunérer au juste prix, ils continuent cependant d’avancer en trouvant leur plaisir dans une vie qu’ils ont choisie. Paysan jusqu’au bout des ongles, ils expriment chacun leur fierté en élevant des bêtes qu’ils vont jusqu’à considérer d’un regard bienveillant.
« Que dire de plus » dira le réalisateur à l’issue de la projection,
« le film se suffit à lui-même », ajoutant - dans ce festival qui porte l’environnement en étendard - que son travail fait état d’un très bon bilan carbone puisqu’il fut réalisé à 10 km de son domicile. Il a expliqué cette proximité de tournage par son choix des personnages, lesquels partageaient une certaine philosophie, une même vision de l’agriculture, tout en demeurant dans son proche voisinage.
Ancien paysan lui-même, le cinéaste a toujours eu en tête de devenir réalisateur avec cette idée de témoigner sur cet univers qu’il connaît mieux que quiconque.
« Je me devais de parler de ce monde avec mon regard. Pas pour être exhaustif, mais pour relater de l’intérieur avec des témoins de chez moi. Pourquoi aller voir des paysans d’ailleurs ? » Il lui aura fallu trois ans pour mener à bien ce projet avec des protagonistes qui partageaient ses affinités :
« Ce ne sont pas des personnages qui traduisaient mes propos, ils les portaient naturellement avec moi ».
A propos des difficultés d’accès au foncier pour de jeunes repreneurs souhaitant démarrer dans le métier, un auditeur posa « la » question iconoclaste :
« Faut-il être riche pour s’installer ? ». Et beaucoup d’apprendre que face à cette situation, des investisseurs désireux de donner du sens à leur action s’organisaient pour investir au sein de structures type GFA (groupe foncier agricole) ou SCI en se détournant de la spéculation pure. Le but étant d’offrir à de jeunes agriculteurs la possibilité de louer des terres pour s’installer.
Festival du film nature et de l’environnement. Du vendredi 14 au vendredi 21 octobre 2011. Centre culturel Jean-Carmet, route de Nantes, 49610 Mûrs-Érigné. Tarif adultes : 4,50 € la séance, enfants (moins de 16 ans) : 1,50 € la séance. Pass festival : 17 € (adultes), 6 € (enfants). Renseignements : 02.41.57.81.87. Les détails du programme se trouvent sur le site internet du festival.