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Culture

Un peu de chaleur dans l’église de Brissac


Par Yannick Sourisseau | le 20 Décembre 2009 | lu 835 fois

De passage en Anjou pour un concert exceptionnel, donné en l’église de Brissac-Brissac, la chanteuse franco-libanaise Hiripsimé, a littéralement envouté son public. Son sourire et sa voix de velours n’ont pas laissé les hommes insensibles, même si le plus souvent se sont les femmes qui sont mises en valeur dans ses chansons.



Un peu de chaleur dans l’église de Brissac
Voici au moins une chanteuse qui gagne à être connue. D’ailleurs qui connaissait vraiment Hiripsimé avant qu’elle vienne s’installer l’espace d’une soirée dans le chœur de l’église Saint Vincent à Brissac-Quincé ? Peu de personnes parmi les deux cent qui avaient pris place dans l’édifice religieux en ce samedi de Décembre. Bien sûr chacun avait lu avec attention la présentation qui en était faite dans la presse et quelques uns s’étaient aventurés à écouter son titre phare « Les portes » sur Internet. Mais rien ne vaut la rencontre directe avec l’artiste et sur ce plan personne ne fut déçu, Hiripsimé n’ayant pas son pareil pour communier avec le public, encore plus dans une église, un lieu qu’elle respecte.

« C’est la première fois que je chante dans un lieu sacré, je ne savais même pas que l’on pouvait le faire » disait l’artiste qui avouait au passage qu’elle avait déjà fait quelques essais de voix dans une petite chapelle lors d’un voyage au Moyen-Orient. « Une église c’est porteur de sensation et de mémoire collective. Sans faire dans le mystique on y sent comme des vibrations. On n’a pas le droit d’y chanter faux. » Accompagnée à la guitare flamenco par Malik Kerrouche, la chanteuse n’a pas eu à forcer son talent généreux et sensuel. Le ton était juste, convaincant, et les mots tellement expressifs que certains spectateurs en avaient la larme à l’œil.

Sans l’avouer vraiment, c’est le fil de la vie, la sienne, que cette ancienne styliste, tisse dans ses chansons. La vie avec ses hauts et ses bas, ces petits riens qui font, même s’il n’a pas eu le même parcours, que chacun s’y reconnaisse à un moment ou un autre. « J’ai énormément reçu dans ma vie. Pour moi la chanson c’est un moyen de redistribuer autour de moi ». Avec « les portes », elle raconte celles qu’elle a trouvées en travers de son chemin et qu’elle a réussies à franchir pour découvrir de nouveaux horizons. C’est le cas de « tu me manques », « ma vie d’avant », « j’ai rangé les armoires », des étapes de sa vie, ou de ses vies, celle où elle travaillait dans la mode, ses déceptions amoureuses, la mémoire du passé. Des moments intenses qu’Hiripsimé n’hésite pas à faire partager à son public, comme pour lui dire : la vie n’est pas si difficile que ça et mérite au moins qu’on essaie de la vivre. Un pur moment de bonheur, ponctué parfois de mélancolie, à peine perceptible, caché par de grands sourires ensoleillés. « Je ne suis pas nostalgique, pour moi, la chanson c’est une façon de poser des mots sur les événements rien de plus ».

A Brissac Hiripsimé a donné l’impression qu’elle chantait pour des amis, comme si elle les connaissait depuis toujours. Il n’y a pas de barrière entre elle et son public, au point que l’on peut à chaque fois se demander si elle répète ses derniers titres, ou si elle est en concert. Tellement simple, tellement souriante, que chacun tombe rapidement sous le charme de ses beaux yeux bruns et mystérieux de femme du Moyen-Orient. « Pour chanter j’ai besoin de voir les yeux des gens. Ici il n’y avait pas de projecteurs. Ça me rassure, je sens le courant qui passe »

Et elle se trouve en si bonne compagnie avec son public qu’elle n’a pas envie de le quitter. Pour preuve elle ne s’est pas fait prier quand les organisateurs du concert brissacois l’ont invité à boire le verre de l’amitié dans la salle voisine. Elle fut même la dernière a quitté les lieux à peine rassasiée de cette nouvelle amitié avec les gens de l’Aubance.

D'origine arménienne, née au Liban en 1967, Hiripsimé s'installe très jeune en France où elle a appris le violon au conservatoire d'Asnières, puis la guitare classique avant d'écrire ses premières chansons. Styliste de profession, elle plaque tout en 2000 pour se consacrer uniquement à la musique. En 2004 elle signe chez Polydor puis sort, en 2007, son premier album, « Les Portes », un ouvrage métissé, avec des titres qui se situent à mi-chemin de l’Orient et de l’Occident, entre style arabo-andalou et accent de la rue parisienne. Hiripsimé chantait à Brissac-Quincé, dans le cadre de Scèn’au fil, la saison culturelle 2009-2010 du Pays Loire Angers.

A écouter ci-après, " Tu me manques ", enregistré dans l'église de Brissac-Quincé.

tu_me_manques.mp3 tu me manques.mp3  (4.14 Mo)
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