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Economie

Un nouveau regard sur la viticulture.


Par Yannick Sourisseau | le 24 Février 2006 | lu 8418 fois

Malgré la crise que connait le secteur viticole, l’arrivée d’un nouveau vigneron est toujours un réel plaisir. Preuve au moins que cette profession n’est pas encore en voie de disparition comme certains voudraient nous le faire croire. Grâce à ces jeunes pousses, la viticulture pourrait trouver un nouvel élan qui devrait hisser le vin au rang des produits de luxe que l’on déguste comme un véritable nectar.



Marc HOUTIN, déguster avec plaisir
Marc HOUTIN, déguster avec plaisir
Marc HOUTIN est un jeune viticulteur pas tout à fait comme les autres. D’abord parce qu’il a quitté son métier de géologue – il travaillait dans l’industrie pétrolière – pour acheter un vignoble sur les bords de l’Aubance. Ensuite parce qu’il n’a pas acheté un château en tuffeau planté au milieu des vignes, mais loué un entrepôt dans un parc d’activités. Enfin parce que pour lui le vin va devenir un produit qu’il va falloir apprendre à apprécier à sa juste valeur. Voici des arguments qui devraient bousculer quelque peu la communauté vigneronne, ancrée dans des siècles de tradition. Marc Houtin, ce jeune viticulteur de 34 ans installé dans la zone de l’Eglantier à Murs-Erigné considère le vin comme un produit de luxe qu’il déguste avec un plaisir non dissimulé. Passée l’idée de boire le vin pour s’enivrer, notre nouveau vigneron a une véritable envie de donner une autre image au produit de la vigne. Cela passe bien sûr par des méthodes de culture, de récolte, de vinification et aussi de marketing.

C’est d’abord parce qu’il est lui-même un amoureux des vins rares et de bonne qualité, que notre jeune géologue a décidé de changer de cap. Mais peut-on parler de véritable changement lorsque l’on sait que pour récolter un bon vin il faut posséder une bonne connaissance du sol dans lequel est planté la vigne. En cela son ancien métier devrait lui être bien utile. Fils de menuisier, élevé sur notre bonne terre d’Anjou, Marc Houtin, s’il n’a pas réussi dans le pétrole a surtout des idées, dont une particulièrement ancrée au fond de lui : passer de l’autre coté du verre et devenir viticulteur. Pour cela il intègrera, au titre de la formation continue, une école Toulousaine afin d’acquérir des connaissances solides en œnologie. Après un passage initiatique au Château d’Yquem dans le Bordelais, son diplôme d’œnologue en poche il partira à la recherche d’un vignoble susceptible de lui convenir. Très intéressé par les vignobles du Languedoc et notamment pour leurs méthodes de commercialisation, c’est finalement dans la région de son enfance qu’il décidera de s’installer. La crise de la viticulture faisant baisser le prix des vignobles, il jettera son dévolu sur des parcelles situées principalement sur les communes de Saint Melaine sur Aubance et Soulaines sur Aubance. Il s’agit d’un petit vignoble de 11 hectares, sans véritable notoriété, dont la production était vendue, par l'ancien propriétaire, aux Caves de la Loire à Vauchrétien. Parrainé par Victor et Vincent LEBRETON, les viticulteurs du Domaine de Montgilet à Juigné sur Loire, dont la réputation n’est plus à faire, Marc Houtin, trouve aujourd'hui dans ces vignerons une aide précieuse. « Je n’ai pu m’acheter qu’un modeste tracteur » me confie-t-il en me le montrant du doigt. « Les Lebreton assure l’essentiel de l’entretien mécanisé de mes vignes ». Quand à la vinification de sa première vendange, en 2004, c’est dans une cave de Champ sur Layon, chez un autre ami, qu’elle a été réalisée.

Un vigneron créatif.

Quelques bouteilles de la Grange aux Belles
Quelques bouteilles de la Grange aux Belles
Pour autant, Marc Houtin, qui possède une certaine idée de la commercialisation du produit de la vigne ne recherchait pas un vignoble de réputation. Cette dernière il préfère se la faire, comme il l’entend et en cela il n’a peut-être pas tout à fait tort. A la morosité dont semble empreint le milieu vinicole, il préfère répondre en disant que la viticulture doit se donner une autre image. Fini le vin que l’on consomme pour se désaltérer et s’enivrer. Le vin se respecte. Il se déguste avec les yeux et le palais. Et pour cela, notre vigneron a pensé à tout. D’abord au lieu de vente, situé en bordure de la ville d’Angers, à deux pas de l’autoroute des Sables d’Olonne. Marc Houtin est un créatif. Avec l’aide d’un ami graphiste, il a même réfléchi a l’étiquetage des bouteilles, plus moderne, en adéquation avec ce que recherchent les jeunes consommateurs. Finie l’étiquette traditionnelle qui représente la maison du vigneron implantée au milieu des vignes. Place à l’étiquette moderne, gaie, colorée, assortie de noms de vins tous aussi simples comme « vins de jardin », « merci », « fragile ». Des noms surprenants comme le vin qui est à l’intérieur de la bouteille. Si notre vigneron n’est pas encore médaillé, ou à l’honneur dans les guides vinicoles, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a déjà créé la surprise sur les tables. L’essentiel de ses bouteilles est commercialisé, sous le label « La grange aux belles » par les cavistes et les restaurants de plusieurs villes de France. Le retour de ces professionnels l’encourage à continuer dans cette voie. Le reste est vendu à des particuliers qui n’hésitent pas à s’aventurer dans la zone artisanale de l’Eglantier à Murs Erigné pour y rencontrer ce sympathique viticulteur.

La Grange aux Belles
Quartier Artisanal de l’Eglantier
49610 Murs Erigné

Tél. 02.41.80.05.72 – 06.76.84.61.07
Fax : 08.25.23.31.25

houtin3.mp3 houtin3.mp3  (2.07 Mo)
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