Décrit en 1943 par Léo Kanner, l'autisme est un désordre neurologique grave caractérisé par un repliement sur soi qui limite considérablement la communication et l'interaction du malade avec son entourage. Les troubles qui apparaissent très tôt chez l'enfant, sont définis par un isolement, une perturbation des relations sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale et d’une restriction des centres d’intérêt.
L'autisme touche 34 enfants sur 10 000, et l’on compte actuellement 100 000 personnes affectées en France. Plus fréquent chez les garçons que chez les filles (4 pour 1) l’autisme s'associe à un retard mental dans environ 75 % des cas. Près de la moitié des sujets autistes ne développent pas un langage verbal et à l'âge adulte, seulement 5 à 15 % des personnes atteintes d'autisme deviennent autonomes. Les causes de l'autisme demeurent inconnues et il est impossible d'en prévenir l'apparition. Incapables de communiquer, les autistes ont une perception angoissante de leur environnement, certains contextes pouvant même aggraver la pathologie. Pour autant, l’autisme ne relève pas de la psychiatrie.
Si les enfants sont accueillis dans des IME (Institut Médicaux Educatifs), dès qu’ils atteignent l’age de 20 ans, de sérieux problèmes se posent pour les familles. Les moins affectés s’intégreront dans des structures occupationnelles, certains seront pris en charge dans des unités psychiatriques, sans espoir de résultat, d’autres seront maintenus à domicile dans des conditions souvent difficiles. La meilleure solution, tant pour les malades que pour leur famille, reste l’accueil au sein de petites unités médicalisées très spécialisées d’une trentaine d’autistes. Malheureusement, la France, qui ne considère pas encore l’autisme comme une grande cause nationale, possède peu d’unité de ce type, obligeant les familles à s’expatrier vers d’autres pays européens et notamment vers la Belgique.
Dans notre région, le foyer d’accueil le plus proche se situe à Melle dans les Deux-Sèvres et une petite unité pour six autistes, gérée par l’association ALAHMI (Association Ligérienne d'Aide aux Handicapés Mentaux et Inadaptés), a été créé à Vernantes dans le Maine et Loire.
Sensibilisée par des familles de l’association AUTISTE 49 résidant dans la région de l’Aubance, la municipalité de Brissac-Quincé, s’est portée volontaire pour accueillir l’un des trop rares foyers d’accueil médicalisés implantés sur le territoire français. «
L’offre n’existait pas, il a fallu la concevoir. Nous avions un terrain possible, mais il a fallut se bagarrer pendant 3 ans pour modifier le POS (Plan d’Occupation des Sols), pour obtenir l’accord des autorités de tutelles et surtout les financements » confie Philippe Cauwel, le Maire de Brissac-Quincé.
Le dossier est approuvé et sera co-financé par le Conseil Général de Maine et Loire pour ce qui concerne l’investissement et la DDASS (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale) pour ce qui concerne le fonctionnement. C’est
l’association PERCE NEIGE créée en 1966 par l’acteur Lino Ventura qui est le porteur du projet et assurera la gestion de l’établissement. Le foyer sera construit sur un vaste terrain situé en périphérie de la cité brissacoise, au lieu dit la Belle Etoile, route de Vihiers. La construction de cet établissement devrait débuter en 2010. Ce foyer médicalisé sera constitué de 24 hébergements permanents organisés en quatre unités de six malades. 4 accueils de jours et 4 hébergements séquentiels porteront sa capacité à 32 lits.
Si le projet est générateur d’emplois - quarante cinq personnes assureront l’encadrement des autistes admis dans l’établissement – il fallait aussi que celui-ci fasse l’unanimité au sein du Conseil Municipal et si possible qu’il soit approuvé par la population brissacoise. «
Les habitants de Brissac ne sont pas troublés par ce handicap, bien au contraire » affirme Philippe Cauwel «
la ferme de l’Etang qui accueille déjà des personnels handicapés dans le cadre d’un atelier protégé, en est le premier exemple. La Maison Familiale Rurale accueille chaque été des handicapés lourds. Il n’y a vraiment pas de rejet de la population. Et puis, pour ce qui concerne le Conseil Municipal, ce projet entre dans notre démarche qui vise à ne laisser personne au bord du chemin » conclu le Maire, ravi de voir que le projet pour lequel il se battait, va enfin voir le jour.