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Un été marocain : carnet de voyage
Burkina Faso, Mali, Turquie, Syrie mais aussi Ecosse, Angleterre, Sicile, Tchéquie… A 25 ans, l'érimûroise Marie n'est pas une aventurière mais apprécie beaucoup les voyages, le dépaysement, les rencontres et se déplace avec son seul sac à dos pour bagage, l'été venu. Accompagnée de deux amis enseignants, Manu et Aurélie, voyageurs confirmés comme elle, la jeune instit' nous livre un extrait de ses notes de voyage, sorte de carnet de bord d'un séjour effectué au Maroc en ce mois de juillet 2004.
Les tanneries de Fès
Lundi 5 juillet 2004.
Marrakech, une ville africaine parmi tant d'autres. Il y flotte l'odeur d'une Ouagadougou (Burkina Faso). Epices et détritus à l'air libre : ça mijote ! S'habituer à cette chaleur : toujours difficile les premières minutes.
Déjà, Le Guide du Routard arrive à la rescousse pour le p'tit coup de pouce « gîte ». L'hôtel Essaouira , recommandé par les « copains de France » fera l'affaire pour la nuit. Evidemment, qui dit GDR (comprendre Guide du Routard), dit repaire de touristes français. Journée orageuse. Soirée empreinte de sérénité. Toujours ce tohu-bohu en provenance de la fameuse place Jamaa el Efna. Charmeurs de serpent, conteurs et gargottes ont envahi la place depuis 18h.
Mardi 6 juillet.
Après une nuit passée en terrasse, nous partons pour 9 heures de bus climatisé, réglé sur le mode congélateur. Dès les premières minutes, nous comprenons déjà : les arrêts seront nombreux. Ajoutons à cela une petite panne de freins et trois heures de plus allaient s'ajouter au compteur. Ainsi, après avoir essuyé maints obstacles, les remparts de Fès, l'Impériale jouent la carte de l'envoûtement. Durant la traversée en bus, bidonvilles ou maisons inachevées ont tapissé le décor. Vision désolée. Et quelques heures plus loin, le bus nous amène vers Ifrane, la Genève marocaine, havre de verdure où l'Angleterre a bien voulu implanter une université. L'entrée a l'allure d'un camp militaire surprotégé. Fès, majestueuse. Rencontres avec ses gamins, ses rues claires qui contrastent avec Marrakech la rouge, l'africaine.
Mercredi 7 juillet.
Fès. Derrière la moindre porte se cache un bout de vie. Les maisons de la medina sont recroquevillées sur elles-mêmes. Aux yeux des promeneurs, elles cachent tout. Mohammed, un gosse rencontré la veille nous mènera, nous et nos narines, au souk des tanneurs. Cette odeur ! On a beau avoir des feuilles de menthe collées au nez, on a toujours l'impression de baigner dans un ragoût de mouton. Ces hommes qui trempent dans les bains de peaux semblent plus qu'habitués.
C'est vers Fès El-Jedid (deuxième couronne) et le palais royal (qui pompe toute la réserve en eau de la ville : les jardins sont luxuriants !) que nous nous sommes dirigés et que l'on a pu découvrir le Mellah (ancien quartier juif) et entr'apercevoir le cimetière, dont les tombes ont un aspect très émouvant. L'architecture de ce quartier a quelque chose de semblable à celle des maisons arméniennes de Turquie. Les façades en bois, les fenêtres sur l'extérieur…
Il doit être près de midi et le soleil nous invite au repos. Il se fera chez Saïd. Boire le thé chez l'autochtone : déconseillé par le Guide du Routard, note Manu, le regard faussement inquiet. Chez Saïd, ce jeune fumeur de kif, joueur de guitare aux airs de hippie, on y boit le thé tranquillement, face à la télé, devant les soaps égyptiens. Soirée couscous géant.
Vendredi 9 juillet.
Journée cool à Meknès. Pour un vendredi (jour de prière), beaucoup de gens gambadent dans la ville. La vie ne s'arrête nullement. Le soleil nous force à la retraite à l'ombre. Vers 17 heures, c'est l'effusion générale. Nous visitons le mausolée de Moulay Ismaïl, roi tyrannique du XVIIe siècle qui voulut épouser une des filles de notre Roi-Soleil, lequel lui refusa . Et l'envie nous prend de siroter un soda à la terrasse d'un café. Evidemment, ce genre de lieu public est voué à être occupé par la gent masculine, et seulement elle. Il y a parfois quelque chose de pesant à cela pour les deux françaises que nous sommes. Retour sur la terrasse de l'hôtel pour voir le soleil décroître et écouter l'appel du muezzin.
Samedi 10 juillet.
Les sacs se font en 10 minutes et hop! Petit taxi, gare ferroviaire et 2 h 30 de train pour Rabat. Elle me plaît cette capitale côtière. Humide, brumeuse mais aérée. Même la medina est moins synonyme de promiscuité. Les odeurs sont moins enivrantes. Nous ne pourrons nous empêcher de faire une halte à la plage. Mais ici, pas de baignade, courants plus rochers font qu'aucun badaud ne s'y engage, mis à part les surfeurs locaux adhérents du surf club dont le président n'est autre que Mohamed VI, le roi.
Flâneries matinales en bord de mer
Kasbah dans la vallée du Dadès
Dimanche 11 juillet.
L'appel à la prière de cette nuit a été des plus virulents . Trois quarts d'heure contre quelques dix minutes habituelles. La voix de ce muezzin avait des accents belliqueux. Appel à la prière ou au Djihad ? Plus tard nous apprendrons que les autorités religieuses manifestent leur désaccord sur les nouvelles lois visant à moderniser le statut de la femme. Profond désaccord, semble t-il.
Aujourd'hui, dimanche, repos des troupes à la plage. On y mange des millefeuilles, les hommes et les enfants s'y amusent. Et nous de se coller sur le sable, les yeux grands ouverts à profiter du spectacle et essayer de comprendre. Aucune femme ne se dénude. Sous la djellaba, la chemise de nuit. La baignade s'arrête aux chevilles. Les hommes affichent muscles et peau tannée par le soleil. Les enfants jouent comme tous les enfants sur toutes les plages. Autant dire que notre présence suscite réactions. Aurélie, en deux pièces, tente le bain de mer, rapide, très rapide. On la siffle. Un après-midi sur une plage marocaine.
Lundi 12 juillet.
5 h 20 : réveil. Direction Essaouira, venteuse, bleue, blanche qui regorge de touristes. Discussion avec un étudiant en ethno, mayennais d'origine. Tout y passe: le roi et ses lobbies, l'urbanisme, le tourisme et son développement.. Essaouira, la bobo parisienne. Toutefois, perdez-vous à quelques encablures des artères touristiques et les mêmes réalités de la pauvreté se jettent sous vos yeux. Essaouira, pas un miracle, une façade touristique, ni plus, ni moins.
Mardi 13 juillet.
Flâneries matinales au milieu des filets de pêche. Beaucoup de remue-ménage dans ce port où les particuliers viennent se ravitailler en sars, sardines, maquereaux. Aujourd'hui, le vent est tombé -c'est exceptionnel- mais la brume est épaisse. Grand taxi (de vieilles Mercedes qui font de grands trajets avec à leur bord 7 à 8 personnes) jusqu'à Sidi Kaouki, plage des surfeurs. La mer est démontée par ici, mais Aurélie, la Bauloise, ne se fera pas prier pour un bain. Après quelques heures, il est temps de partir. Le problème majeur réside dans le fait que le taxi ne passe que toutes les heures; enfin peut-être. Justement, il en passe un. Aurélie et moi prenons l'option Essaouira. Manu, quant à lui demande à être arrêté sur le bord de la route, à l'embranchement de Diabat. En effet, Jimi (entendre Jimi Hendrix) y est passé (quelques jours ou quelques années: les avis divergent). Manu, en quête de sensations hippies, veut y faire son pèlerinage. Une chose est sûre, c'est que, sans lui, nous sommes la proie des importuns en tout genre.
Mercredi 14 juillet.
Bus pour retour à Marrakech où nous élisons domicile non pas à l'hôtel Essaouira , ultra bondé, mais chez son voisin Sindi Sud. Bien belle terrasse, calme... La douche doit être prise pour se rendre au consulat de France, à deux pas de la Koutoubia. Montrons pattes blanches, passeport à l'appui pour pénétrer dans l'antre si privilégiée des expatriés. Chez eux, la politesse envers les Marocains qui servent les petits fours n'est pas de rigueur. Décidément pas à notre place, nous quittons la garden party où le sac à dos n'est pas de mise.
Jeudi 15 juillet.
Marrakech-Ouarzazate. Nous courons vers notre bus où il est bon de pénétrer en apnée. Le sol est jonché de détritus plus ou moins odorants. On crache à qui mieux-mieux. Une solution : aller chercher la fatigue où elle est et dormir. La route de montagne est pourtant magnifique. Arrivée 5 heures plus tard. Ouarzazate ne semble pas avoir plus d'intérêts que cela. On y aperçoit les studios de cinéma, les décors d'Astérix et Obélix. Direction le désert. Visite D'Aït Benhaddou : kasbah des plus belles.
Vendredi 16 juillet.
Départ pour trois jours d'oasis, de gorges, de dunes. Prise de contact avec trois autres couples pour un trek. Ce soir, nous sommes dans les gorges du Dadès. Le lieu est splendide. On y compte peu de touristes : la basse saison, il fait trop chaud. Nous confirmons. Au-dessus de l'auberge, le ciel est étonnement étoilé. Sirotons le whisky berbère pour digérer le couscous hors du commun. C'est calme.
Le Maroc aux portes du désert
Les dunes de l'Erg Chebbi
Samedi 17 juillet.
Ouvrir les volets de l'auberge et regarder se dessiner, ocre et vert, kasbahs et palmiers, tout cela avec l'Atlas en toile de fond. Evidemment dès 7 heures, il fait déjà très chaud. Alors une fois le petit déj' avalé, c'est dans le van avec Hassan, notre chauffeur berbère que nous filons pour Merzouga, aux portes du désert. Au Sud, toujours plus chaud. En fin d'après-midi, nous arrivons à l'auberge du sud où les hommes bleus peuplent les Erg Chebbi. Dunes de sable, le Sahara se fait sentir. L'endroit relève des rêves de gamin. Courir dans les dunes quand le soleil décline. Les vents de sable sont de mise et le chech s'impose pour contempler le coucher de soleil. Après un repas contre les vents de sable, nuit sous les tentes berbères. Il y fait chaud mais le charme est là.
Lundi 19 juillet.
Ce matin, voyage retour Ouarzazate- Marrakech. Un car local part pour Demnate, dans les montagnes loin du tumulte de la ville. Petite halte au café pour reprendre son souffle. La ville ne semble habitée que par les hommes. Alors vite, un grand taxi pour Imi-n-Ifri. Le bled est sacrément joli, il y a un pont naturel et quelques piscines se sont creusées à ses pieds. Tout ceci attire le touriste marocain pour la journée. On élit domicile à l'auberge, c'est sommaire mais on a guère le choix. Le gérant nous montre une balade possible. Alors on s'aventure. Moult hommes s'ébattent dans l'eau, d'autres fument le kif. L'ambiance est particulière. Quelques mômes nous hurlent dessus, nous suivent pour, au bout de quelques instants, à l'abri des autres regards, nous lancer des pierres. Il semble que ce soit courant au dire des autres voyageurs rencontrés plus tard. L'incident n'en est pas moins fort désagréable. La soirée sera courte. Vivement demain!
Mardi 20 juillet.
Ouzoud et ses cascades. Le paysage est rafraîchissant. Nous laissons nos sacs à dos en consigne dans un hôtel pour 20 dirhams. Chaussures de rando aux pieds, grimpons! Le soleil tape mais le paysage et l'eau nous apaisent. Nous rencontrons au détour d'un sentier Saïd, un adolescent. Il tient une minuscule gargotte et vit en autarcie sous sa tente, pêche son poisson.. Ce dernier nous propose un petite balade dans la montagne jusqu'à son village ,Tanaghmelt, aussi appelé village mexicain. La balade en plein soleil est éreintante. L'eau vient à manquer. Et enfin, on fait halte chez la soeur de Saïd qui nous somme de manger pain, huile d'olive, amandes grillées et figues de Barbarie. Elle préparerait bien un couscous mais nous sommes pressés. Pourtant, « un homme pressé est un homme déjà mort! », dit le proverbe berbère. Retour jusqu'aux gargottes, la balade touche à sa fin, notre courage aussi. Vite, jus d'orange et Sidi Ali (eau minérale la plus goutue, à nos yeux) après avoir remercié Saïd.
Jeudi 22 juillet.
Déambulations dans une Marrakech de plus en plus chaude. Il me semble que cette ville devient plus agréable au fur et à mesure qu'elle nous est familière. L'aimer le soir quand elle fume et que toutes ses lumières s'allument. La préférer le matin quand elle s'éveille, nue. Soirée rencontres et discussions à l'hôtel Sindi Sud.
Vendredi 23 juillet.
Mise au vert. S'évader loin de la chaleur de la ville. Après le sacro-saint petit déjeuner au Mont-Toubkal (crêpe au miel et pain au chocolat arrosés de jus d'orange), lent départ pour la vallée de l'Ourika, accompagnés d'Olivier et d'un couple d'Allemands. La route de montagne jusqu'à Setti Fatma est splendide. Reste à trouver le chemin pour parvenir aux cascades. Sans guide, ce n'est pas une mince affaire. Nous arriverons à la cinquième cascade, 2900 mètres d'altitude. Nous y rencontrerons aussi Mohammed et Houssam, deux jeunes Marocains qui nous emmènerons après la descente déguster un tajine succulent. Il est évident que la cuisine qu'on sert habituellement aux touristes est nettement moins bonne et plus chère, cela va sans dire.
Samedi 24 juillet.
Visite des palais El Bahia et El Badi. Tour de Marrakech et de la palmeraie avec Houssam et Momo. On se baladera près des hôtels et palaces pour retourner ensuite dans les rues grouillantes qui jouxtent Jamaa el Efna.
Dimanche 25 juillet.
D'ici, l'on entend encore les sons de Jamaa El Efna. Les minarets se découpent dans la fumée du ciel. Il fait moite et triste. Rentrer. Jusqu'au prochain voyage au coeur d'un pays arabe. Ça grouille, ça exhale une odeur. Une ville, un pays d'où il émane autre chose que le cellophane.
Si les effluves de viande et les restes du marché peuvent, à leurs heures susciter le recul, ce soir, elles sont parfums, déjà regrettés. Se fondre dans cette foule pour mieux la contempler. Sur les terrasses, les âmes sont calmes et s'accordent à la plénitude des minarets en attente du prochain appel à la prière. Dernière discussion, cette fois avec un autre Mayennais venu investir un Riad (petite maison traditionnelle d'un certain standing). Un voyage au Maroc, puis revenir…
Correspondances marocaines. Eté 2004.
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Votre maire en vidéo
Nos reportages audiovisuels, permettant de faire connaître les maires du Sud Loire aux citoyens par l'intermédiaire d'un entretien vidéo, n'ont pas connu le succès escompté. Parmi les maires contactés, certains, peu à l'aise devant une caméra, ont préféré décliner l'invitation. D'autres, pour les raisons évoquées dans l'article sur la liberté de la presse, nous ont renvoyé derrière nos claviers, enfin certains pour des raisons d'emploi du temps, n'ont pas encore trouver le moment opportun pour nous recevoir. Nous espérons réaliser quelques entretiens avant l'été. Mais déjà, nous remercions ceux qui ont joué le jeu et par la même, nous ont encouragé à poursuivre notre action d'information citoyenne.
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