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Saint Saturnin sur Loire

Séance de cinéma citoyen à Saint-Saturnin sur Loire


Par William Cherbonnier | le 24 Avril 2009 | lu 1288 fois

L’Atelier Citoyen de Saint Saturnin proposait jeudi 23 avril une projection du film « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud, film documentaire sur la mise en place d’une cantine Bio dans une municipalité du Gard. L’intérêt de la séance était l’organisation d’un débat entre associations, élus et citoyens après la projection.



Le film de Jean-Paul Jaud, Nos enfants nous accuseront, connaît en ce moment un vrai phénomène de bouche à oreille. Projeté dans de nombreuses communes du département, souvent sur l’initiative d’associations, le réalisateur de ce film documentaire est en train de réussir son pari : faire parler du Bio, des dangers liés à notre alimentation, et des alternatives possibles.

Ce film très émotionnel, manquant parfois de chiffres, d’explications, saisit le spectateur par les témoignages qui se succèdent : les agriculteurs en malaise face au traitement qu’ils utilisent, tombant malade (saignement de nez, difficulté urinaire) après la manipulation des produits ; la mère de famille en détresse face au cancer de sa fille, dû probablement aux insecticides anti-moustiques qu’elle utilisait lors de sa grossesse ; le cuisinier de cantine, aujourd’hui bio, dénonçant l’époque où il n’était qu’ouvreur de boîtes de conserve. La prise de conscience de l’absurdité de notre agriculture actuelle, mais aussi de notre façon de consommer est totale.

Un débat très animé

Séance de cinéma citoyen à Saint-Saturnin sur Loire
Et c’était bien là la volonté de l’Atelier Citoyen en projetant ce film, et en organisant ensuite un débat. Dés la fin du générique, les spectateurs étaient invités à tourner leur chaise, à se regarder en formant une ronde dans la salle, afin d’échanger, de s’interroger sur ce qu’ils venaient de voir.

Virginie Beaupérin, du GAB Anjou (Groupement d’Agriculteur Biologique), précisa que seulement « 3% de l’agriculture dans le Maine-et-Loire est bio, et nous sommes l’un des départements les mieux lotis ». L’objectif du Grenelle de passer à 20% de Bio en 2012, semble donc difficile, et « l’Etat n’offre aucun moyen pour atteindre l’objectif » explique Christian Duma, adjoint à l’Environnement du Plessis-Grammoire, commune de l’agglomération angevine ayant mis en place récemment du pain Bio dans ses cantines.

L’un des principaux contre-arguments face au Bio est souvent son coût. « Mettre en place un projet de cantine Bio doit être cher ? », demande une personne du public. Christian Duma rétorque « aujourd’hui, on met de l’argent dans la sécurité routière, avec vos ronds-points, vos chicanes. On peut bien mettre un peu d’argent en plus pour la cantine. La sécurité alimentaire est tout aussi importante que la sécurité routière. Il s’agit de volonté politique. » ; le GAB Anjou expliquait que sur l’étiquette « un produit bio est sans doute plus cher qu’un produit traditionnel. Mais l’étiquette du traditionnel ne prend pas en compte les subventions qu’on paye avec nos impôts aux agriculteurs traditionnels, les traitements des eaux pour dépolluer nos rivières, les coûts de santé pour soigner cancer, empoisonnement, etc. », et « la qualité d’un poulet Bio élevé en plein air, ou d’un poulet de batterie n’est pas la même. »

Les consommateurs de l’AMAP de Gogagnes présents dans la salle approuvaient ses interventions. Leur président ajouta même « économiquement, notre AMAP a permis la création de quatre emplois à plein temps », « les paysans vivent mieux et entrent dans notre démarche. Sans qu’on leur demande, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui passé au Bio ».

Une mère de famille, membre de son Conseil d’école, témoignait pourtant de la difficulté de faire adopter un tel projet sur sa commune. « Il y a une volonté des familles d’aller vers ce type de projet, mais les élus ne semblent pas prêts. On n’ose même pas leur parler de Bio. On en est juste à essayer de maintenir une cuisinière à la cantine ». « Faites pression auprès des élus » lui signala Christian Duma. La volonté citoyenne est souvent la force motrice de nos sociétés. C’est dans ce sens qu’était organisée cette soirée, prendre conscience, échanger, promouvoir ces alternatives. Une belle soirée qui en appellera d’autres, soyons en sûrs.




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