Satisfaction pour Philippe BODARD, le Maire écolo de Murs Erigné, et son équipe, le festival est devenu l’espace d’une réunion impromptue, organisée hier après-midi entre les réalisateurs de films et les citoyens qui campent depuis une semaine sous le chapiteau restauration du festival du Film Nature, un lieu d’échange, de rencontre et de dialogue. « Sans que ce soit prévu, ils ont proposé des idées pour avancer, pour concrétiser, dans le cadre du festival, ce qu’ils présentent au travers de leur film. Ça bouillonnait d’idée, c’est ça l’avenir de notre festival ! » disait Philippe Bodard, visiblement enthousiaste de voir son enfant se transformer en véritable tribune permettant de se faire l’écho des actions qui sont menées, non seulement à Murs Erigné, mais partout dans le monde. « Le festival c’est bien plus qu’un lieu où l’on présente des films, c’est une véritable atmosphère » concluait-il à l’occasion du cocktail final.
Cet événement, cinquième du nom s’est achevé comme les années précédentes par la traditionnelle remise des prix aux réalisateurs de film. Ne l’oublions pas, même s’il devient un lieu de rencontre entre citoyens, ce festival récompense surtout ceux qui ont réalisé, avec le plus souvent des petits moyens, des films engagés permettant de faire prendre conscience à chacun de la dure réalité.
C’est Coline SERREAU, actrice, scénariste, mais aussi réalisatrice du très célèbre film « trois hommes et un couffin », mais aussi « la crise » comme le rappelait Jean Noël Pavie, qui était chargée de remettre les prix aux lauréats. Cette dernière à qui l’on doit « La belle verte » un film qui traite entre autre de l’écologie, de l’humanisme, des valeurs sociales ou encore du rejet des technologies nuisibles, a montré au public son engagement pour la cause environnementale. Invitée par Philippe DESBROSSES, un intervenant fidèle du festival, ce n’est donc pas tout à fait par hasard si elle passait par Murs Erigné.
Coline Serreau présentait également un court extrait de son prochain film : « la Terre vue de la Terre ». « C’est un film qui a pour sous titre « solution locale pour un désordre global ». Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de nommer les responsables, de les mettre à la porte et commencer un nouveau monde » disait la réalisatrice, très applaudie pour son engagement en faveur de la cause défendue par tous les festivaliers présents à Murs Erigné.
Plus qu’un film, il s’agit en fait de six films d’une heure trente qui « devraient essayer de couvrir l’ensemble des solutions à la crise générale de notre système » disait en aparté Coline Serreau. Pour cela elle a beaucoup voyagé, caméra à la main, interrogeant au passage des gens de terrain, des philosophes, des économistes, des théoriciens, pour essayer de proposer des solutions pour un avenir meilleur. « La solution est déjà là, elle est latente et jamais montrée par les médias, mais elle n’a pas encore tissé ses liens, chaque acteur de par le monde ne sachant pas encore ce que fait son voisin à l’autre bout de la planète ».
Et pour Coline Serreau, que l’on reverra certainement au Festival du Film Nature, son intervention n’est pas une nouveauté. « L’écologie, je suis née avec. J’ai fait plusieurs documentaires et film sur le sujet, dont la belle verte, il y a 15 ans. J’ai vu beaucoup de films catastrophe. Maintenant ça va, on pourrait penser à vivre et essayer de réparer. La terre vue du ciel, c’est bien, mais à un moment il va falloir qu’on la regarde d’en bas ! » concluait la réalisatrice qui considère qu’il faut faire preuve d’optimisme et se remonter les manches pour enfin protéger cette terre nourricière.