Festival film nature et environnement 2010



Publicité associative

           
Festival Film Nature

Pauvres Orang-Outans


Par Yannick Sourisseau | le 19 Octobre 2009 | lu 1515 fois

Très émouvant le film de Patrick Rouxel présenté dimanche soir, dans le cadre de la soirée « Carte blanche à Fred Courant ». Ce film sur la déforestation en Asie du Sud Est, obligeant les singes à s’expatrier ou mourir, a retourné plus d’un spectateur. Heureusement le débat qui suivit a amené une note d’optimiste et une fin un peu plus heureuse pour l’animal principal du film.



Un orang-outan dans sa forêt tropicale (photo extraite du film Green)
Un orang-outan dans sa forêt tropicale (photo extraite du film Green)
« GREEN » c’est l’histoire d’une femelle orang-outan victime de la déforestation en Indonésie. Perdu au milieu d’un immense territoire où les lauriers palme sagement alignés remplacent désormais la forêt tropicale, ce pauvre singe cherche désespérément à se nourrir avec ce qui reste d’arbres déchiquetés. Recueilli par une organisation non gouvernementale cette femelle se rappelle ce qu’était la vie avant l’arrivée des destructeurs de forêts.

Patrick Rouxel livre là un film sans concession dont l’objectif est d’interpeller l’opinion publique sur la disparition orchestrée de ces singes dont le comportement est si proche du nôtre, au profit de grandes entreprises de la pâte à papier, du diesel vert ou de l’huile de palme.

Avec ce film, très poétique, il nous invite à mesurer, nous qui sommes consommateurs de produits utilisant largement l’huile de palme, notre degré de responsabilité dans la disparition des orang-outans. Son site web affiche d’ailleurs les marques considérées comme responsables de cette tragédie et qu’il est, sous entendu, conseillé de boycotter. La fin de film est d’autant plus triste que l’animal principal meurt, emporté dans ses rêves d’enfant singe élevé dans les grands arbres nourriciers de la forêt tropicale.

Heureusement on apprendra au cours du débat qui suivit que la fin était tout autre, puisque cette femelle a survécu à son calvaire. L’auteur voulait simplement rappeler que cette fin est celle d’une majorité de singes, condamnés à mourir de faim quand ils ne sont pas exterminés pas l’homme après d’affreuses tortures.

Pendant le débat qui portait principalement sur la déforestation et le risque que fait courir cet acte à notre planète, les intervenants ont conforté le témoignage de Patrick Rouxel. « Ça refroidit l’ambiance après un film comme ça, mais j’aimerai que l’on ait une touche d’optimisme au cours de la soirée » disait Fred Courant, animateur du débat mais aussi réalisateur de l'animation "c'est pas sorcier" sur France 3.

« J’ai été très bouleversé par ce film, c’est un véritable réquisitoire contre l’espèce humaine » disait Francis Hallé, le spécialiste de l'écologie des forêts tropicales humides auquel ont doit le « radeau des cimes » un engin d’exploration de la canopée, l’étage supérieur de la forêt en contact direct avec l'atmosphère libre, riche en terme de biodiversité.

« C’est dramatique, mais il ne faut pas sortir d’ici en disant que tout est perdu » dira Pierre Gay, le propriétaire du Zoo de Doué la Fontaine, lequel connaît bien les Orangs Outangs. « Les grands singes s’adaptent très bien aux forêts secondaires, fort heureusement. »

« Le but du film c’est surtout de faire réagir. Les gardiens de la forêt sont les ethnies qui en vivent. La seule difficulté en Indonésie c’est que normalement les exploitants des champs de palmes devraient conserver au moins 10% de la forêt tropicale. La police ne fait pas toujours son travail » précisera à son tour Aurélien Brulé, créateur de l’association Kalaweit, en Indonésie, laquelle vient au secours des singes Gibbons.

Tous les intervenants se sont accordés à dire qu’il fallait abandonner l’image idyllique d’une forêt totalement vierge. Il fallait surtout savoir que les plus grandes forêts génèrent leur propre climat, lequel influe sur le fonctionnement même de notre planète. Les supprimer, en dehors du fait que cela conduirait à la disparition d’espèces animales, comme ce que révèle le film, pourrait entrainer une modification importante de notre écosystème. Dans tous les cas, ce film, comme le débat qui suivit ont permis une fois de plus, de prendre conscience de l’urgence qu’il y avait à agir.

Yannick Sourisseau


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 22 Octobre 2011 - 16:05 Une manifestation nature et… décontractée

Jeudi 20 Octobre 2011 - 14:31 Au bout de l’attente, la rencontre avec l’aigle royal

Festival Film Nature






Recherche

Le Festival 2009 en images ...
festival0011.jpg
festival0032.jpg
festival0030.jpg
festival0008.jpg
festival0027.jpg


syndication RSS Syndication Atom RSS podcast RSS mobile