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Vauchrétien

Meurtre à la maison de retraite


Par Yannick Sourisseau | le 25 Mars 2007 | lu 5027 fois

A une époque où les rapprochements entre les générations sont parfois difficiles, le théâtre est un moyen d’expression qui permet aux jeunes et moins jeunes de se côtoyer et d’échanger. Dans nos villes et villages de campagnes les compagnies théâtrales perpétuent cette tradition pour le plus grand plaisir de spectateurs enthousiastes, à l’exemple de la troupe de l’Amicale de Vauchrétien qui présentait « Coquin de sort », une comédie géronto-policière en deux actes.



Ambiance de folie aux Charmettes.
Ambiance de folie aux Charmettes.
Ce samedi 24 Mars, la salle René Besson à Vauchrétien était pleine des 150 spectateurs qu’elle peut contenir, pour applaudir la troupe de théâtre amateur de l’Amicale Laïque rebaptisée pour la circonstance « Amical’cie ». Pour la troisième et avant dernière fois de la saison, cette compagnie qui donnait tout son sens au mot amateur, jouait « Coquin de sort », une pièce d’Andrée Robin-Ligot, mise en scène par Jacques Fèvre.

La pièce se déroulait dans une maison de retraite fort agréable et qui répondait au doux nom « des Charmettes ». Il y avait sur la petite scène tous les ingrédients qui font le succès de ce genre de spectacle. Une intrigue policière capable de retenir le spectateur jusqu’à la fin, de belles envolées servies avec beaucoup d’humour mais aussi et surtout, comme dans toutes les pièces de ce type, des personnages hauts en couleurs et attachants, campés par des habitants de la communes et des environs.

Dans cette maison de retraite, où la fin de vie, semblait se dérouler paisiblement, les résidents passaient de vie à trépas un peu trop rapidement, au point de mettre la police locale sur les dents. C’est alors qu’elle dépêcha sur place, un jeune inspecteur, Charly, et l’une de ses collègues, Gisèle, une ancienne contractuelle, transformée en hémiplégique pour la circonstance. Le premier se fera passer pour le neveu de la tante handicapée, nouvelle pensionnaire, servant alors de « taupe » au sein même de l’établissement gériatrique. Gisèle, le magnétophone caché sous le plaid qui recouvre ses jambes, mènera l’enquête pendant toute la séance, afin de découvrir le coupable qui assassine un à un les pensionnaires.

Le décor planté il s’agissait alors de tout connaître des habitudes des résidents des Charmettes. En même temps que Gisèle, les spectateurs ont pu découvrir Hermine, une septuagénaire dingue de tricot et surtout des mélodies de sa jeunesse au point que les autres la surnomme « Top 50 », l’amiral, un ancien loup de mer à l’humour décapant, Ernest, un homosexuel passionné de sciences occultes, Albane de la Giroflée, une richissime noble et Simone une brave et gironde veuve qui ne pense qu’a se bâfrer. Interviendront ensuite, Coco, une aide soignante dégantée, le directeur de l’établissement, une infirmière plutôt acariâtre et une jolie animatrice dont les animations ne semblent pas retenir l’attention des pensionnaires.

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Un spectacle apprécié par les spectateurs.

Dans les coulisses, on révise son texte ...
Dans les coulisses, on révise son texte ...
Et soudain c’est le drame. Alors qu’Hermine fête son anniversaire et offre à ses amis, des cadeaux fait de ses restes de laine, voici qu’Albane s’écroule, raide morte après avoir ingéré un des chocolats envoyés par la nièce d’Hermine. Le Directeur qui avait lui aussi participé à la fête, depuis son bureau, décède à son tour. Alors que les pensionnaires désignent leur voisin comme coupable potentiel, tous les regards se tournent soudain vers Coco dont Albane avait couché le nom sur son testament, comme seule et unique héritière de sa fortune. L’affaire semble cousue de fil blanc. Les spectateurs rient aux éclats des tirades de comédiens parfois atteints de trous de mémoire. Mais ils sont âgés (dans le texte) et ces oublis, soufflés depuis les coulisses, coulent de source. Eu égard du travail de ces amateurs, lesquels répètent depuis plus de 6 mois à raison de deux soirées par semaine, personne ne penserait un seul instant à leur en tenir rigueur. Et puis l’ambiance est bon enfant, on rie, on pleure … de joie, en entendant les intonations et les improvisations des acteurs d’une soirée. Ca fait tellement de bien que l’on oublie aussi vite les quelques bévues des pensionnaires des Charmettes.

Soudain Gisèle se lève, sous les yeux médusés des autres pensionnaires, eux qui la croyaient gravement atteinte, pour dire qu’elle a enfin trouvé le ou plutôt la coupable. L’Amiral et Ernest sont soudain rassurés. Tous les regards se tournent alors vers la pauvre aide soignante qui n’en finit plus de sangloter dans les bras du jeune inspecteur de police. Ce dernier qui a eu le coup de foudre pour Coco, tente de la défendre. Mais la coupable n’était pas dans la salle. Il s’agissait, pour les besoins de l’intrigue, de la nièce d’Hermine laquelle, voulant tuer sa grand-tante pour récupérer son héritage, aura empoisonné par procuration tout l’entourage, oubliant sans doute au passage qu’Hermine ne digère pas les chocolats.

Une chute que personne n’aurait pu imaginer. Mais qu’importe, les spectateurs, jeunes et moins jeunes, tous réunis pour partager l’ambiance si particulière de ces soirées théâtrales, semblaient ravis. En ce samedi, encore hivernal, ils auront passé une excellente soirée, en compagnie de voisins et amis, la recette même du théâtre amateur. Et quand on sait que dans cette salle, construite en 1936 par les adhérents de l’Amicale laïque, on y joue une comédie par an, avec toujours le même succès, on peut se dire que le théâtre amateur a encore de beaux jours devant lui d’autant que le public en redemande.

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Ceux que le théâtre amateur intéressent et qui veulent rejoindre l’Amical’Cie de Vauchrétien, peuvent contacter Laurence GALLARD au 02.41.54.20.30




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