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Viticulture

Les vendanges « bio » au Domaine de Bablut


Par Yannick Sourisseau | le 3 Octobre 2008 | lu 4717 fois

Chez les DAVIAU, on est viticulteur de père en fils, depuis 1546. Christophe DAVIAU l’actuel gérant du Domaine de Bablut, est l’un des personnages emblématiques de la viticulture « bio » de la région de Brissac et des coteaux de l’Aubance. Œnologue de formation, il aborde les vendanges 2008 avec sérénité, même s’il sait que la production sera plutôt en baisse.



Christophe Daviau devant ses pressoirs horizontaux
Christophe Daviau devant ses pressoirs horizontaux
Situé sur les hauteurs de Brissac et de Saint Jean des Mauvrets, dominant l’Aubance, la petite rivière qui irrigue la région, le vignoble de la famille DAVIAU d’une superficie de cinquante d’hectares, croit sur un terroir ancien, entre les calcaires du Bassin Parisien et les schistes du massif armoricain. Bénéficiant d’une climatologie particulièrement agréable, due à la proximité de la Loire, d’une pluviométrie faible mais suffisante, le vignoble de l’Aubance, dans lequel s’inscrit celui de la famille DAVIAU, possède tous les avantages environnementaux pour produire des vins de qualité, pour peu que le vigneron sache y apporter sa touche personnelle.

C’est le cas de Christophe DAVIAU, le gérant du Domaine de Bablut. Œnologue formé à l’Université de Bordeaux, il a d’abord étudié les cépages et les méthodes de culture des vignobles du bout du monde, avant de prendre la suite de son père, Pierre DAVIAU, en 1989. Il devient gérant de la société qui gère le Domaine en 1995.

Convaincu que la vigne méritait mieux que d’intenses traitement chimique dont les résidus se retrouvent inévitablement dans le vin, il se lance tout d’abord dans la viticulture raisonnée en 1991, en réduisant de manière drastique les quantités d’herbicides et en laissant revenir petit à petit les insectes, et notamment les prédateurs de l’araignée rouge, celle qui porte les attaques les plus redoutées des vignerons.

En 1996, après plusieurs essais, il abandonne tout apport de produits de synthèse pour se lancer définitivement dans la viticulture « bio » avec toute la difficulté que cela peut présenter tant au niveau de l’entretien du vignoble que de la commercialisation des vins issus de ce mode de culture. Malgré tous les efforts entrepris pour produire des vins d’une qualité égale voire supérieure, le démarrage est plutôt difficile. La viniculture « bio » qui représente à peine 1,2% de la production français, est considérée comme marginale.

« Aujourd’hui, les consommateurs savent que les produits que nous dispersons sur la vigne, se retrouvent sous forme de résidus dans le vin. Pour tous les produits que nous consommons, comme pour le vin, il y a désormais une véritable prise de conscience » affirme Christophe DAVIAU, qui sait que son vin a de l’avenir. « De récentes mesures, effectuées sur les bords de l’Aubance, ont prouvé qu’au niveau des cultures « bio », on dénombrait plus de 80 espèces d’insectes, alors qu’on en compte à peine deux dans les autres secteurs. En plus de produire un vin sain, je fais un geste pour l’environnement », poursuit le vigneron avec brin de malice dans les yeux.

Des vendanges comme les autres.

Vendanges manuelles dans le vignoble de l'Aubance
Vendanges manuelles dans le vignoble de l'Aubance
Si la viticulture « bio » nécessite des labours plus fréquents et un entretien manuel de la vigne, la cueillette du raisin est peu différente de celle des autres modes de culture. Que ce soit pour les raisins entrant dans la fabrication du Crémant de Loire, lesquels doivent être livré en caissettes, ou ceux qui serviront à la production des moelleux des coteaux de l’Aubance, la cueillette reste manuelle. « Une chose est sûre, je n’ai pas de difficulté à trouver des vendangeurs, ces derniers préférant certainement travailler sur des grappes exemptes des produits de traitement », confirme Christophe DAVIAU

Qu’elles soit « bio » ou pas les vendanges 2008 ne seront pas exceptionnelles tout au moins pour ce qui concerne la quantité. Christophe DAVIAU constate que d’une manière générale les grappes sont moins nombreuses et moins grosses. En cause, le gel du mois d’Avril et la floraison par temps trop froid, réduisant la pollinisation.

Si les Chardonnay, les Groleau et les Chenin blancs, utilisés dans la fabrication du Crémant ont été récoltés cette semaine, les Cabernets seront prélevés dans une quinzaine de jours. Entre les deux, les vignerons de Bablut effectueront une première passe dans les Chenin blancs servant à la fabrication des vins moelleux des coteaux de l’Aubance.

« Le soleil de septembre et le vent d’Est ont assaini le vignoble, sans pour autant accélérer la maturité des grains » affirme Christophe DAVIAU qui reste malgré tout assez confiant quant à la qualité. « Cette année, le degré est correct et l’acidité un peu forte, ce qui devrait permettre d’obtenir des vins un peu plus vifs. Quant aux rouges, grâce aux fortes différences de température entre le jour et la nuit, ils sont très colorés ». L’année 2008 ne sera donc pas remarquable. Elle devrait toutefois permettre d’obtenir, comme en 2007, des vins d’une qualité acceptable.

Pour en savoir + sur le Domaine de Bablut

Yannick Sourisseau


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