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Culture

Le CHA chante Cherubini.


Par Pierre Pineau (RCF Anjou) | le 7 Décembre 2008 | lu 2440 fois

Le public nombreux qui avait rempli la cathédrale d’Angers ce 30 novembre après-midi n’aura pas été déçu dans son attente. La masse imposante des 120 choristes était bien accordée à la fois à la majesté du lieu et à celle de ce Requiem en ré mineur de Cherubini pour voix d’hommes.



Vue aérienne des choristes pendant leur récital
Vue aérienne des choristes pendant leur récital
Le défi de rassembler pour la circonstance les amateurs des chœurs d’hommes d’Anjou, de la Mayenne, de la Sarthe et de Vendée a été pleinement réussi. La présence et la qualité vocale des 24 professionnels du chœur de l’armée française a contribué à la fois à leur sûreté et à leur cohésion.

Connaissant la puissance de l’œuvre et sachant qu’il n’y avait pas de soliste, j’avais choisi de me placer très loin pour bénéficier d’une écoute aussi globale que possible : j’ai admiré le fondu et l’équilibre de l’ensemble, de la légèreté des premiers ténors à la bonne assise des basses. On imagine le travail que cela a demandé pour arriver à un tel résultat.

La gageure était également de travailler dans l’orchestre avec des jeunes en formation dans les Conservatoires de Cholet et d’Angers. Là aussi l’armature de leurs professeurs et des professionnels de l’ensemble instrumental de la Mayenne a joué son rôle pour que l’orchestre soit à la hauteur des chœurs et de l’œuvre.

Eclat, ferveur et supplication : une œuvre achevée.

Les jeunes musiciens des conservatoires d'Angers et de Cholet accompagnaient les choristes
Les jeunes musiciens des conservatoires d'Angers et de Cholet accompagnaient les choristes
J’ai apprécié la ferveur insistante des trois Agnus Dei, avec l’enchaînement de l’antienne finale de communion et son Amen victorieux. Une belle œuvre en somme servie par une interprétation sans faille et un climat d’écoute remarquable du public. Tout cela explique sans doute son enthousiasme final et son insistance à réclamer le bis de l’Agnus Dei.

Que dire de l’œuvre ? Je l’avais découverte en préparant mon émission Chorales d’Anjou sur RCF Anjou avec Gérard Boussion. La puissance et la qualité du chœur me l’ont fait apprécier, non sans émotion. Dès le départ j’ai été saisi par la supplication tout à la fois paisible et insistante du Requiem d’entrée. Le choix de Cherubini de faire se répondre comme en écho, parfois inversé, les ténors et les basses donne beaucoup d’intensité à cette supplication prolongée ensuite par celle du Kyrie et du Christe.

Le Dies Iræ, avec son départ tonitruant et cette sorte de halètement, haché à la fois par l’orchestre et par le chœur, crée comme un climat d’interrogation et d’angoisse face à la perspective du Jugement dernier. Bien sûr la puissance des cuivres souligne le Tuba mirum du signal de résurrection pour tous les hommes appelés à se rassembler devant Dieu. Le climat n’est pas encore à la sérénité…

Le Domine Jesu de l’offertoire m’a étonné par son entrée triomphale et royale. Sans doute ai-je été marqué par le contraste avec le climat tout paisible de cette prière de l’offertoire lorsqu’il est chanté en grégorien. On retrouve les mêmes accents dans le Quo olim Abrahæ après des passages d’humble supplication.

Je retiendrai, bien sûr, après le Sanctus grandiose, la douceur du Pie Jesu a capella avec le thème dominé par les ténors.

Bravo aux professeurs qui ont encadré les jeunes, à tous ceux qui ont préparé les chœurs, à ceux qui ont imaginé ce projet et qui l’ont monté. Bravo à Yves Parmentier qui a su donner homogénéité à cet ensemble et restituer ainsi à cette belle œuvre toute son âme.

Pierre Pineau (RCF Anjou)


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