Festival film nature et environnement 2010



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Festival Film Nature

La simplicité volontaire comme mode de vie

Festival du film nature et de l’environnement de Mûrs-Érigné


Par Michel Barini | le 17 Octobre 2011 | lu 468 fois

Comme son nom l’indique le village éphémère de Jean-Carmet va cesser d’exister. Créé spécialement à l’occasion du Festival du film nature et de l’environnement, composé d’une yourte, d’un camion aménagé, d’un tipi et d’une roulotte, il ne vivra dans sa forme érimûroise que le temps de la manifestation.



Christine et Jean-Marc (à gauche) ou l’écologie au quotidien.
Christine et Jean-Marc (à gauche) ou l’écologie au quotidien.
Situé à mi-hauteur de la Roche de Mûrs, juste au-dessus du centre culturel, le campement d’habitats légers et mobiles offre une vue d’ensemble sur les allées et venues des festivaliers. Pour ceux-ci, il suffit de lever la tête pour s’apercevoir de l’insolite présence de ce village visiblement habité par des silhouettes en mouvement. Et pourquoi pas de s’enhardir au point de rendre visite à ces hôtes qui ne demandent pas mieux que de les accueillir afin d’établir un dialogue.

« Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre ». S’il cite volontiers Gandhi, Jean-Marc, solide gaillard vêtu d’un tee-shirt anti-OGM, ne prétend délivrer aucun message en vérité absolue. Cette citation justifie seulement une philosophie de vie qu’il s’applique à lui-même, en menant une existence débarrassée des contraintes matérielles. Sa formule, à lui, tient en deux mots : simplicité volontaire. Tellement évidente que les organisateurs l’ont reprise pour en faire un thème de leur programme et initier l’installation de ce village éphémère.

C’est à l’année que Jean-Jacques demeure dans son véhicule avec son épouse Christine. Ancien artisan dans un passé qui ne lui convenait plus, il a cédé son affaire, quitté son appartement angevin, distribué le matériel superflu. Désormais, ses biens tiennent dans les 10 m² de son camion Mercedes aménagé, les 6 m² d’une caravane, les 4 m² d’une cabane en palettes qu’il a posée sur un terrain de la région. De retour d’un festival dans la Drôme et avant un prochain détour par la Bretagne pour aller saluer des amis, Christine et Jean-Marc ne se considèrent pas comme des globe-trotters car leur quête n’est pas le voyage mais plutôt un choix d’existence.

Dave et Mathilde (à droite) devant leur habitat respectif.
Dave et Mathilde (à droite) devant leur habitat respectif.
Installée devant une table de jardin, Mathilde, quand à elle, goûte au soleil qui baigne le campement. Artiste plasticienne, elle a répondu à l’invitation de Christine et Jean-Marc en amenant la mini-yourte qu’elle a construite il y a trois ans sur le modèle de la yourte mongole. Proche du DAL (Droit au logement), elle défend une « autre » forme d’habitat, plus accessible, et se pose en simple citoyenne, un brin gagnée quand même par le militantisme. « Le problème du logement ne fait qu’empirer et touche de plus en plus de gens », ajoute-t-elle, très sensible à un sujet qui la concerne personnellement.

Pour autant, elle avoue ne pas vivre dans le nomadisme radical, même si à l’occasion, elle ne dédaigne pas dormir sous le feutre de sa construction, comme elle venait de le faire la nuit précédente. À sa yourte, elle lui a donnée une fonction pédagogique en la déplaçant d’écoles en bibliothèques afin d’y faire des lectures pour enfants et montrer une expo itinérante sur la Mongolie, un pays qu’elle a découvert au cours d’un voyage.

De tous les résidents du camp, Dave est celui qui suscite le plus d’étonnement des badauds, aidé en cela par le séduisant mode d’habitat qui est le sien. La roulotte qui lui tient lieu de domicile étant de surcroît tractée par deux chevaux de trait, inutile de dire que les échanges agrémentent son quotidien. « C’est la première fois que je fais un festival. D’habitude je voyage, je rencontre des gens, j’essaie de m’ouvrir. C’est ma vie », ajoute cet homme des grands espaces.

Pour ce Belge, le voyage dure depuis dix ans entre la Belgique et la France, tantôt seul, tantôt en famille. Et c’est le hasard qui décide le plus souvent des destinations et des haltes : en forêt, au bord de la mer, sur des terrains communaux… Une seule certitude pour la suite : « La semaine prochaine, je serai au village alternatif de Grézillé ». En règle générale, il ne s’impose qu’une étape incontournable : « On fait l’hivernage en Belgique pour revoir la famille. Nos enfants en profitent ».

Pour découvrir le village troglobal ou pour en savoir plus sur Mathilde, la plasticienne.

Michel Barini


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