|
|
La malbouffe fait recette.
3e Festival du film nature et de l’environnement
Les organisateurs du 3ème Festival du Film Nature et de l'Environnement de Murs Erigné affichaient un sourire de satisfaction pour la soirée sur le thème de la "malbouffe", ce mardi 23 Octobre. Servie par un film documentaire inquiétant pour les consommateurs que nous sommes et des invités de renom, cette soirée a fait salle comble. Preuve que le sujet intéresse de plus en plus de citoyens.
Philippe DESBROSSES, docteur en sciences de l’environnement et agriculteur bio
"Je suis heureux de voir autant de monde dans cette salle. Je constate que le sujet intéresse" disait Jean Noël PAVIE, en accueillant les 400 personnes, dont une centaine d’étudiants du Lycée agronomique de Pouillé, qui se pressaient à l'entrée pour assister à cette soirée dont on attendait visiblement beaucoup. Il fallut même ouvrir des cloisons pour libérer les salles voisines et installer tous les spectateurs.
Force est de constater que si les citoyens angevins sont peut-être un peu plus passifs pour ce qui concerne la biodiversité, la déforestation ou encore le changement climatique, il n'en est pas de même quand cela concerne leur assiette. Mais comme une interaction s’opère le plus souvent entre les thèmes abordés au cours de ce festival, les organisateurs peuvent être rassurés et le succès est toujours bon à prendre.
La soirée a commencé par la projection du film " WE FEED THE WORLD (le marché de la faim)", un documentaire d’une heure trente, réalisé par l’autrichien Erwin Wagenhofer et qui avait pour objectif de mettre en appétit, ou plutôt le contraire, les spectateurs – citoyens installés dans la salle.
Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz… Environ 350.000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture des animaux européens alors que près d’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d’eau locales. We feed the world est un film sur la pauvreté au cœur de la richesse, qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose. Les spectateurs ne sont certainement pas sortis indemnes de ce film et doivent désormais jeter un autre regard sur leur assiette.
On travaille que pour « bouffer »
Christian VELOT, militant contre l'utilisation des OGM sans controle sanitaire.
Le premier des intervenants du débat qui suivit le film, est un écologiste de la première heure version humaniste. Philippe DESBROSSES, ce docteur en sciences de l’environnement, proche de Corinne LEPAGE (présente l’an dernier) et membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, est surtout un véritable agriculteur Bio. En matière de nourriture, il sait de quoi il parle. " En regardant ce film je me rends compte que nous rentrons dans la barbarie !" dira-t-il pour commenter la projection. " Le monde est déshumanisé. On travaille que pour bouffer. Je retiens ma colère ". S’attaquant aux grandes multinationales qu’il accuse de tous les maux de la terre, Philippe DESBROSSES ne mâchera pas ses mots pour faire comprendre à l’assemblée l’imposture dans laquelle nous sommes tous en train de plonger, les yeux fermés, sans pour autant tomber dans la provocation ou l’alter mondialisme primaire. Se basant sur des histoires simples, mais très réalistes, il démontrera comme s’il en était encore besoin, surtout après un film aussi évocateur, que l’argent produit des richesses pour quelques uns et de la pauvreté pour le reste de la planète.
Le second intervenant n’était autre que Christian VELOT, ce chercheur en génétique à l'Institut d'Orsay, connu pour ses avis critiques sur les cultures transgéniques. Déjà présent l’an dernier, cet intervenant qui fait actuellement l’objet de menace sur son emploi de chercheur, sait galvaniser les foules. Ayant les arguments pour convaincre, ses interventions seront ponctuées pendant toute la soirée par des applaudissements nourris. " Je ne suis pas contre les OGM (Organisme Génétiquement Modifié) , je suis utilisateur de la technologie OGM en tant que chercheur " dira-t-il après avoir commenté lui aussi le film et rappelé que celui-ci devrait être projeté à tous les consommateurs avant de rentrer dans un supermarché.
" Cela fait 30 ans que l’on travaille cette technologie en laboratoire à des fins médicales. Les OGM ne sont que des éprouvettes biologiques à l’usage du chercheur. Mais il y a une grande différence avec l’introduction de cette technique dans la chaîne agro-alimentaire " continuera-t-il en égratignant au passage quelques scientifiques bien connus, comme Claude ALLEGRE, ce qui lui vaut peut-être aujourd’hui la remise en question de son service de recherche.
Christian VELOT, très en verve, d’autant qu’il sentait que le public le comprenait, affirma qu’il n’était pas contre la modification génétique, mais contre le fait que certains apprentis sorciers ne maîtrisaient pas tous les dégâts collatéraux que pouvait engendrer la culture d’organismes génétiquement modifiés. " Les géants de l’agro-alimentaire placent leurs propres intérêts devant le contrôle sanitaire. Des saumons OGM croissent avec des malformations au point qu’ils sont vendus en tranches pour ne pas effrayer le consommateur. Il y a peut-être un risque dont personne ne se préoccupe. Ce sera comme l’amiante, on apprendra peut-être plus tard, trop tard, qu’il y avait un vrai risque pour l’humanité. "
Il conclura, soutenu par Philippe BODARD, Maire et organisateur, en disant qu’il est avant tout un citoyen, comme toutes les personnes présentes dans le Centre Culturel Jean Carmet et qu’à ce titre il pouvait crier haut et fort sa désapprobation. " N’en déplaise à ceux que cela peut déranger, y compris mes instances ". Le ton était donné et le message passé.
Cet article a été lu 1541 fois
Portrait
|
Actus locales
|
Loisirs
|
Tourisme
|
Economie
|
Multimédia
|
Environnement
|
Infos diverses
|
Cuisine
|
Social
|
Municipales 2008
|
Lire en fête à Brissac-Quincé
Pour fêter le vingtième anniversaire de Lire en Fête, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a choisi de placer cette manifestation sous le signe de la jeunesse. Pendant trois jours, l’écriture et la lecture s’offriront une cure de jouvence et seront à l’honneur, partout en France et dans 150 pays. Brissac veut profiter de cette occasion en proposant, le 11 octobre 2008 dans la bibliothèque, des lectures à l’attention des enfants, par un lecteur et une lectrice assidus. Pour en savoir +
Jonglage à Saint Saturnin sur Loire
Association ayant pour objectif de créer, développer et promouvoir des activités à caractère artistique pour les enfants et les jeunes, l’association ADALA dont le siège est situé à Saint Saturnin sur Loire, ouvre une activité jonglage à l’année. Ouverte aux enfants et adolescents à partir de 8 ans, cette activité aura lieu tous les mardis de 19h à 20h dans la salle des fêtes de Saint Saturnin. Au programme : jonglage avec des balles, des foulards, des quilles, mais aussi diabolo, bâton du diable et même monocycle. Renseignements sur le site web de l’ADALA
Bientôt le Festival du film nature
Le Festival du film nature et de l’environnement organisé par la ville de Mûrs-Érigné et l‘association ABC 49 se penchera prochainement sur des thèmes forts : la surexploitation des océans, la biodiversité et les espèces menacées, les pesticides et la santé publique, le réchauffement climatique, les OGM et la gestion des déchets. Du vendredi 17 au vendredi 14 octobre 2008 au Centre culturel Jean-Carmet, route de Nantes, 49610 Mûrs-Érigné. Renseignements au 02.41.57.81.85 ou sur le site internet.
|