La grande famille des vendangeurs.


Pour certains résidents de la région de l’Aubance, la période des vendanges fait partie de ces moments rares qu’ils aiment partager entre amis, pour peu que ces derniers connaissent un vigneron prêt à accepter des vendangeurs occasionnels. C’est aussi l’occasion pour ceux qui ont la chance de compter un vigneron parmi leurs parents, de se retrouver en famille autour des ceps de vigne afin de partager des souvenirs communs.



Les amis vendangeurs en action...
Les amis vendangeurs en action...
Depuis plusieurs années, l’Anjou bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel et d’une arrière- saison qui permet de prolonger agréablement les vacances estivales. Cette faveur de dame météo permet de commencer la période des vendanges relativement tôt. Il n’est donc pas rare de voir, dès la mi septembre, les premières machines à vendanger s’activer dans le vignoble, Ces machines travaillent à la récolte des vins ne nécéssitant pas une forte maturation. Pour toute la zone viticole de l’Aubance, les grappes seront donc ramassées de façon mécanisée au cours des mois de Septembre et Octobre. Le cépage "Chenin" qui sert à la fabrication des vins blancs moelleux des coteaux de l’Aubance, le nec plus ultra de la viniculture locale, sera vendangé manuellement. Mais, vu le prix de la main d’œuvre et la difficulté à trouver des vendangeurs – les étudiants intéressés, ayant repris leurs études – les vendanges manuelles sont de plus en plus rares. Néanmoins, compte tenu du niveau qualitatif des vins blancs des coteaux de l’Aubance, la vendange mécanique est proscrite. Dans ce cas les vignerons comptent sur les demandeurs d’emplois qui trouvent là un travail salarié, sur les populations nomades qui se déplacent au gré du travail saisonnier et aussi sur les amis et la famille. Ces derniers habitent le plus souvent en région Angevine. Ils n’hésitent pas à prendre quelques jours de congés pour "faire" les vendanges. Ils y trouvent une occasion de passer de bons moments, pour peu qu’il fasse un temps ensoleillé comme c’est la cas cette année.

Pour tous ceux qui vivent dans une région viticole, les vendanges sont des moments inoubliables car l’ambiance qui règne au sein des équipes de vendangeurs est souvent très sympathique. Le travail est pénible car il faut progresser de cep en cep, courbé ou accroupi, le sécateur à la main et le seau rempli de raisins à proximité. Les journées sont parfois ensoleillées, comme c’est le cas cette année. Mais nous sommes en automne et les températures matinales sont souvent très fraîches. Pour les vendanges les plus tardives il n’est pas rare de voir le thermomètre avoisiner le zéro degré. La différence, souvent importante, de la température entre le jour et la nuit génère de la rosée, laquelle humidifie les feuilles et les raisins que les vendangeurs vont devoir saisir à la main. Les vendanges ils aiment, mais quand il fait froid et humide, le corps des vendangeurs, amis ou de la famille, venus pour la plupart de la grande ville voisine et peu habitués au rude travail de la terre, souffre un peu. Alors on se réchauffe comme on peut, en chantant ou en se racontant de bonnes blagues. A défaut de réchauffer les membres endoloris, l’ambiance réchauffe le cœur et ce n’est déjà pas si mal. Malgré les courbatures et la froidure du matin, la période des vendanges est un grand moment que certains rateraient pour rien au monde, allant même jusqu’à oublier qu’ils sont venus pour travailler.

En effet il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit de travailler et de ramasser toutes les grappes avant que les grandes gelées de fin d’automne pointent le bout de leur nez. Il n’est donc pas question de passer son temps à rire ou à se jeter quelques grappes de raisins. D’ailleurs le vigneron, que l’on appelle ici le patron, veille au grain. Tout en participant à la récolte et aux rires des vendangeurs, il fait en sorte, de manière discrète mais combien efficace, que la petite troupe avance au même rythme. Les plus costauds ou les plus sportifs se chargent des hottes, lesquelles serviront à transposter le contenu des seaux à vendanges jusque dans la remorque installée au bout de la vigne. Les plus vieux, les femmes et les enfants, écarteront les feuilles et tailleront le raisin à l’aide d’un sécateur avant de le déposer délicatement dans le seau. Et du lever au coucher du soleil, ils répèteront le même geste, à titre bénévole lorsqu’il s’agit d’amis ou de membres de la famille.

Les vendanges familiales sont aussi l’occasion de festoyer. Le midi, lorsqu’il fait beau, les vendangeurs mangent sur place, parfois dans une cabane réservée à cet usage, ou au bord de la vigne à proximité de la remorque à vendange. C’est l’occasion de sortir les rillettes et le saucisson, le tout arrosé d’une bonne bouteille. Le soir venu tout ce petit monde se déleste de son « ciré », bottes et autres vêtements de protection contre le froid et la pluie, pour se retrouver autour de la grande table familiale. Auparavant, les vendangeurs auront participé au pressage du raisin, le plus souvent dans un pressoir horizontal entraîné par un moteur électrique. Le jus de raisin que l’on appelle la « bernache » sera tiré directement depuis la fosse d’écoulement du précieux nectar et servi en guise d’apéritif. Les nouveaux venus, peu habitués à ce breuvage quelque peu laxatif, auront certainement quelques problèmes intestinaux le lendemain matin.

Selon l’importance du vignoble et le nombre de vendangeurs, une table rudimentaire est parfois installée dans les chais, là où repose déjà quelques barriques et bouteilles en instance de départ. C’est l’occasion de faire le bilan de la journée et de se remémorer les meilleurs moments. On échange sur les années précédentes, sur les difficultés des uns et des autres, sur les courbatures et sur l’avenir de la viticulture. On en profite pour déboucher quelques bonnes bouteilles, mises de coté pour l’occasion et l’on prolonge parfois le repas tard dans la nuit, ces moments rares de retrouvaille entre amis ou membres d’une même famille.

Mercredi 12 Octobre 2005
Cet article a été lu 2353 fois


Dans la même rubrique :

|1| >>

Viticulture | Artisans | PME-PMI




devenir redacteur local

Recherche

Journées des Métiers d’Arts

Du jeudi 16 au dimanche 19 octobre 2008, aura lieu la 4éme édition des journées des métiers d'arts, en collaboration avec la région, la société d'Encouragement aux Métiers d'Arts, les Chambres Départementales des Métiers de l'Artisanat, les associations d'artisans d'art. Danielle Priou , artisan fourreur, 1 rue de l'église, à Saint Saturnin sur Loire, et Cyrille Pommeau , joailler bijoutier, à Brissac-Quincé, ouvrent leurs portes à l'occasion de la manifestation.
Pour en savoir +

Jonglage à Saint Saturnin sur Loire

Association ayant pour objectif de créer, développer et promouvoir des activités à caractère artistique pour les enfants et les jeunes, l’association ADALA dont le siège est situé à Saint Saturnin sur Loire, ouvre une activité jonglage à l’année. Ouverte aux enfants et adolescents à partir de 8 ans, cette activité aura lieu tous les mardis de 19h à 20h dans la salle des fêtes de Saint Saturnin. Au programme : jonglage avec des balles, des foulards, des quilles, mais aussi diabolo, bâton du diable et même monocycle. Renseignements sur le site web de l’ADALA

Bientôt le Festival du film nature

Le Festival du film nature et de l’environnement organisé par la ville de Mûrs-Érigné et l‘association ABC 49 se penchera prochainement sur des thèmes forts : la surexploitation des océans, la biodiversité et les espèces menacées, les pesticides et la santé publique, le réchauffement climatique, les OGM et la gestion des déchets. Du vendredi 17 au vendredi 14 octobre 2008 au Centre culturel Jean-Carmet, route de Nantes, 49610 Mûrs-Érigné. Renseignements au 02.41.57.81.85 ou sur le site internet.


syndication RSS Syndication Atom RSS podcast RSS mobile