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Fêtes locales

La Saint Maurice, sous le soleil


Par Yannick Sourisseau | le 29 Septembre 2008 | lu 3576 fois

S’il est un événement local que l’on ne présente plus, c’est bien la Saint Maurice de Brissac-Quincé. Et pourtant, au fil des siècles cette grande foire qui attire toute la population rurale de la région de l’Aubance, est devenue incontournable. La 557ème édition qui se déroulait ce dernier week-end de septembre, sous un soleil quasi estival, n’a pas failli à la tradition.



Les oies, vedettes de la foire de la Saint Maurice
Les oies, vedettes de la foire de la Saint Maurice
Rares sont ceux qui viennent à la foire de la Saint Maurice à Brissac-Quincé, par hasard. Que l’on soit simple visiteur ou commerçant, on vient en tout premier lieu pour y faire des affaires. Connue à cent lieux à la ronde, depuis le moyen-âge, la Saint Maurice attire chaque année son lot de badauds, la casquette vissée sur la tête qui vient pour faire provision d’ail, d’oignons, échalotes et autres légumes de saison. « Les légumes sont moins chers que sur le marché du jeudi » affirme une dame âgée, convaincu d’en avoir pour son argent. La foire de la Saint Maurice était surtout connue, au siècle dernier pour déterminer le cours de l’ail. C’est en partie ce qui l’a rendue célèbre, puisque les agriculteurs venaient des régions voisines pour y écouler le fameux bulbe.

A quelques mois de Noël, la foire de la Saint Maurice était aussi réputée pour son négoce d’oies, lesquelles seront dégustées lors des festins de fin d’année. Moins nombreuses les années précédentes, à cause du risque de grippe aviaire, les volailles sont revenues sur les étals cette année, du coté de la place du Tertre. Ce sont surtout les enfants qui étaient ravis de voir les canetons se dandiner dans leur cages ou les oies sortir leur long cou pour lancer quelques cris vers la foule. « Nous sommes de retour, venez nous voir » semblaient dire ces pauvres oies apeurées, non pas ce qui les attend, mais plus par les éventuels acheteurs venus les palper afin de jauger leur masse musculaire. « Ces oies sont nées en Avril de cette année. Elles pèsent 13 livres (6.5 Kg) et elles sont bonnes à manger. Elles ont été élevées en plein air, avec du grain et des restes de légumes » explique aux clients, Henry PAPAIN, un agriculteur à la retraite, venu de la Fosse de Tigné, sur les bords du Layon pour vendre sa petite production avicole.

Dans les années 60 on venait aussi à la Saint Maurice pour équiper les jeunes écoliers tout juste rentrés, de blouses, chaussures et vêtement pour l’hiver. Les parents profitaient de l’occasion pour acheter casseroles, poêles et équipements ménagers. Si les marchands d’ustensiles de cuisine subsistent, ils ont été rejoints par des camelots en tout genre, vendeurs de chaussettes, de savons, de charcuterie, de statuettes africaines et autres objets parfois inutiles, pourvu que l’on soit tenté de délester son porte monnaie de quelques euros.

Mais la crise des « subprimes » américaines, l’effondrement des Bourses et la baisse du pouvoir d’achat, sont aussi passés par la foire de la Saint Maurice. Malgré le soleil, plutôt dynamisant pour le commerce de rue, vendeurs et visiteurs, avaient la mine des grands jours, chacun essayant de se donner bonne contenance lors d’achats, moins volumineux semble-t-il qu’à l’accoutumée. Seuls les petits camelots au faible investissement tant en stand qu’en marchandises, tireront leur épingle du jeux, les plus importants repartiront mécontents, jurant de ne pas revenir, tout en s’inquiétant de pouvoir retrouver la même place l’an prochain. C’est aussi ça la foire de la Saint Maurice.




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