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Coutumes

L’œuf de Pâques, une tradition qui ne se perd pas


Par Yannick Sourisseau | le 12 Avril 2009 | lu 3642 fois

S’il est un métier qui ne craint pas la crise c’est bien celui de chocolatier. Deuxième période après Noël où l’on déguste du chocolat, Pâques avec ses œufs et ses poules, n’a pas failli à la tradition. Les chocolatiers n’ont pas chômé pour fabriquer des friandises qui font la joie des petits comme des grands.



Un énorme oeuf dans la vitrine d'un chocolatier angevin
Un énorme oeuf dans la vitrine d'un chocolatier angevin
Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire de notre civilisation, l’œuf serait le symbole de l’éclosion d’une vie nouvelle et de la fertilité. Pour certains historiens, la tradition des œufs de Pâques aurait pris naissance au IVème siècle de notre ère avec le Carême, ces derniers étant interdits pendant les quarante jours qui précédent la résurrection de Jésus Christ.

Les poules n’étant pas soumises à cette période maigre, elles ne cessaient pas de pondre. Les œufs ainsi ramassés étaient entassés. Devenus impropres à la consommation, le seul moyen de se débarrasser de cette surproduction d’œuf était encore les donner aux enfants.

Il n’y a pas si longtemps, au siècle dernier, les enfants de chœur, ceux qui servaient le prêtre pendant la cérémonie religieuse, partaient en groupe, pendant la semaine qui précède la fête de Pâques pour collecter des œufs frais. Ces œufs étaient ensuite revendus pour faire de l’argent de poche aux enfants de chœur. Dans certaines régions de France, on en faisait même une gigantesque omelette dégustée par le village, le samedi de Pâques.

Au XIIème siècle de nombreux pays prirent l’habitude de s’échanger des œufs bénis à l’église en signe d’amitié. Cette coutume fut rapidement adoptée par les nobles qui s’adressèrent alors à des artistes chargés de décorer les œufs. Des peintres comme Lancret ou Watteau auraient signé quelques œufs célèbres. Progressivement des joaillers réalisèrent des objets en forme d’œuf, véritable bijou, que les hommes galants offraient à leur bien aimée.

Certains œufs, dont la dimension allait de l’œuf de poule à celui de l’autruche, pouvaient contenir des cadeaux. Cette tradition remonterait au XVIème siècle. Louis XV aurait offert à la comtesse du Barry, courtisane du roi, un énorme œuf contenant une statuette de Cupidon.

La Révolution qui considérait que les œufs que l’on offrait étaient l’apanage de la noblesse mis rapidement fin à cette tradition. Mais celle-ci étant tenace, elle reprit quelques années plus tard sous forme de friandises.

Consommé initialement par les Aztèques, sous forme de boisson, les fèves de cacao qui servent à la fabrication du chocolat furent importées par les conquistadors et utilisées par la suite dans de nombreux pays pour boire ou aromatiser les pâtisseries.

Le chocolat solide fit son apparition en France en 1659 où un certain David Chaillou ouvrit la première fabrique de chocolat à Paris. Rapidement le chocolat arrive à la Cour du roi où l’on s’en délecte. Il faudra tout de même attendre 1802 pour voir apparaître la première tablette de chocolat et sa fabrication quasi industrielle. Dès lors on vide rapidement les œufs pour les remplir de chocolat. L’œuf friandise est alors né.

Ce sont les enfants qui se révélèrent les plus gros consommateurs d’œufs en chocolat. On leur disait même que les cloches des églises, lesquelles cessaient de sonner pendant les trois jours précédant Pâques, étaient parties à Rome pour rapporter les fameuses friandises. Ces dernières étaient alors disséminées dans les jardins et les prairies par des lapins, animal que l’on retrouve également sous forme chocolatée. La suite on la connaît, le matin de Pâques, les plus jeunes partent, le panier à la main, ramasser les œufs cachés par les parents, au pied des arbres et dans les buissons. Un grand moment de bonheur que les enfants ne rateraient pour rien au monde.

Yannick Sourisseau


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