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Artisans

Gilles Chevet, artisan en ébénisterie


Par Michel Barini | le 29 Octobre 2006 | lu 4102 fois

Bien qu’il soit situé dans l’un des principaux et plus vieux quartiers de Mûrs-Érigné, l’atelier est à l’image de son occupant : modeste et discret. C’est là dans un virage qui requiert toute la vigilance des usagers que Gilles Chevet, artisan ébéniste, a élu domicile professionnel pour exercer son métier.



Gilles Chevet à côté d'une bonnetière en merisier aux finitions cirées
Gilles Chevet à côté d'une bonnetière en merisier aux finitions cirées
A cet endroit précis, au pied de la Rampe d’Érigné, il n’est guère aisé de véritablement flâner en s’attardant sur les façades qui bordent la rue, ni de repérer d’emblée la petite menuiserie parmi l’ensemble des maisons. Pourtant, depuis onze ans qu’il s’y est établi, Gilles Chevet est reconnu et apprécié aussi bien par les particuliers que par l’ensemble de ses voisins commerçants.

Dans le cadre des Journées des métiers d’art initiées par le ministère des PME, du commerce et de l’artisanat qui avaient lieu récemment, l’artisan ébéniste ouvrait exceptionnellement ses portes le temps d’un week-end. À cette occasion, des curieux, des promeneurs, des férus de patrimoine, des bricoleurs, des étudiants, des riverains se sont succédé, du matin au soir, pour découvrir et toucher de très près un métier manuel qui fascine beaucoup de monde.

Près d’une cinquantaine de personnes ont fait la visite pour s’imprégner d’effluves de sciure, de bois coupé, de planches rabotées, d’encaustique et de cire. Pour ceux qui apprécient les beaux meubles de bois, traditionnels ou contemporains, c’était le moment opportun pour tenter de percer les mystères du maître. Comment fait-on pour fabriquer, façonner et restaurer tables, commodes, armoires, bureaux, meubles de style régional, rustique ou moderne sans s’égarer dans les périodes et dans les styles.

Diplômé d’une école supérieure d’ébénisterie

Un bureau viennois, moitié XIVe siècle : chef-d'oeuvre de fin d'études réalisé à l'école d'Avignon
Un bureau viennois, moitié XIVe siècle : chef-d'oeuvre de fin d'études réalisé à l'école d'Avignon
Les visiteurs ont évidemment fait le plein de renseignements, d’idées, de réponses et ont interrogé l’ébéniste érimûrois qui ne s’est pas fait prier pour expliquer son métier, ses techniques et dévoiler ses secrets. Enfin presque, pas tous. Tous les professionnels ont leurs propres astuces et les gardent pour eux. Ils ont découvert les particularités de la marqueterie avec incrustation, les différentes essences, le travail avec des gabarits, des gouges, des ciseaux à bois. D’autres ont appris que le hêtre et le peuplier sont considérés comme des bois « alimentaires » parce qu’il y a très longtemps on pouvait y stocker des denrées sans en dénaturer le goût.

Et les tendances commerciales, ou en sont-elles à ce jour ? « Il y a cinq ou six ans, les meubles télé étaient très demandés en fabrication. Aujourd’hui, c’est pratiquement fini, les formats et les dimensions ont évolué et le marché aussi. Par contre, j’ai eu plus de commandes de commodes cette année qu’en dix ans ». Restauration pour une moitié, fabrication pour l’autre se partagent l’essentiel du travail réalisé par Gilles Chevet.

A la question d’une ancienne étudiante aujourd’hui reconvertie en apprentie et visiteuse avertie, l’artisan s’est livré sur son cas personnel. « J’étais bloqué dans le métier de menuisier, je ne savais pas faire un pied de meuble Louis XV, je ne connaissais pas la technique. Depuis, je suis porté naturellement sur la fabrication en massif dans le respect du style et de l’époque ». Diplômé de l’École supérieure d’ébénisterie d’Avignon, l’ancien salarié d’une entreprise de menuiserie s’est alors offert un congé individuel de formation pour se perfectionner et franchir un cap professionnel.

S’il n’avait pas forcément prémédité de longue date son installation comme artisan indépendant, c’est la disponibilité d’un local libre dans son voisinage qui l’a incité à sauter le pas. À l’époque, il s’est établi avec deux mois de commandes devant lui et s’est depuis développé après d’une clientèle de particuliers. Et dans quelque temps, la devanture de son discret atelier devrait trouver l’éclat du renouveau grâce à un nouvel habillage qu’il conçoit lui-même pour s’offrir de la visibilité.

Ébénisterie Gilles Chevet.
13, rue Maurice-Berné, 49610 Mûrs- Érigné. Tél. 02.41.57.85.27. Courriel : gilleschevet@aol.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8 à 12 h et de 14 à 19 h, le samedi de 8 à 19 h, sur rendez-vous.




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