Festival Ludodélire aux Alleuds



Publicité associative
           
Cuisine

Fouées ou fouaces, les délices de Rabelais.


Par Yannick Sourisseau | le 16 Septembre 2008 | lu 5977 fois

Sur les bords de la Loire, on les appelle les fouées ou les fouaces. Cette spécialité boulangère, remise au goût du jour et qui fait la joie des gastronomes lors des foires et fêtes locales, ne date pas d’hier. Rabelais écrivain de la Renaissance mais aussi chantre de la gastronomie ligérienne, l’aurait immortalisé dans l’un de ses ouvrages.



Dans une ferme angevine, l'enfournement des fouées.
Dans une ferme angevine, l'enfournement des fouées.
Né en 1493 dans les environs de Chinon (Indre et Loire), probablement à Lerné où son père était sénéchal, François Rabelais, médecin et écrivain, fut l’un des auteurs les plus appréciés de l’époque Renaissance. D’abord, ecclésiastique comme c’était souvent le cas à cette époque, Rabelais qui vivait en concubinage, aimait volontiers égratigner les femmes et se moquer des pauvres maris. Considérant le mariage comme une sorte de jeu, il décrivait la famille idéale sous les traits de Grandgousier, Gargamelle, Gargantua et Pantagruel, des gentils ogres amateurs de bonne cuisine et des vins du Val de Loire. Il écrira les épopées de ces personnages hauts en couleurs en 1532 et 1534.

« Faictes de fine fleur de froment délayée avec beaux moyeux d'oeufs et de beurre, safran, épices et eau », c’est justement dans Gargantua que Rabelais fait allusion à la « fouace » de Touraine et plus précisément de Lerné, ce petite village tourangeau d’un peu plus de 300 habitants, qu’il connaissait si bien. Depuis la fouace et sa soeur la fouée, sont devenues des spécialités de Touraine, mais aussi, par proximité, d’Anjou.

Fouaces et fouée sont issus du latin « focus » (foyer), d'où ont été tirés les mots « focacia » puis fouace ou encore « fouasse » ou « fougasse ». De forme ronde elle symbolisait le soleil, signe de vitalité, chez nos ancêtres gaulois. Du Nord au sud chaque région possède sa recette de petits pains cuits au four. La fouace Tourangelle, la vraie, est parsemée d’épices, lesquels sont remplacés par du sucre dans la région Nantaise. La fougasse, héritière provençale et salée de la fouace se présente comme une couronne faite de farine, levain, beurre, œufs, lait, sucre et fleur d’oranger.

Au Moyen Age, les fouaces faites de fine fleur de froment servaient d’écuelles pour déposer la « fripe » (mot populaire d’Anjou désignant la nourriture bon marché qui accompagnait le pain), avec laquelle elle était goulûment avalée. A l’origine la fouace se présentait comme une galette de pâte à pain, piquée avec un couteau pour en limiter la levée. Elle était cuite sous la cendre chaude du foyer de la cheminée, ou dans un four à pain. La fouée qui date également de la même époque est légèrement différente puisqu’elle est préparée avec le reste de la pâte ayant servi à faire le pain. C’est au XVIème siècle que les fouaces et autres fouées prirent, grâce à Rabelais, leur essor.

La fouace, de forme arrondie est une galette faite comme un petit pain qui aurait oublié de lever. On peu la consommer nature où déposer dessus du fromage de chèvre de Sainte Maure de Touraine, ou encore des rillettes de porc. Un régal pour les gastronomes ligériens, qui la consomme avec un bon verre de vin rouge de Chinon ou un Anjou Villages.

Les fouées, qui peuvent prendre les formes les plus diverses se gonflent comme un pain sans mie. Il suffit de les ouvrir délicatement, alors qu’elles sont encore chaudes, pour y introduire du beurre demi-sel, des rillettes, des haricots blancs ou encore une ratatouille de légumes.

De nombreuses petites auberges, installées dans les caves troglodytes de la région Saumuroise et Tourangelle s’en sont fait une spécialité, en remettant au goût du jour, les recettes d’antan. Assorties de préparations locales, les fouées peuvent rivaliser sans complexe avec la pizza napolitaine. Comme la spécialité transalpine, elles sont peu coûteuses à fabriquer et elles nourrissent rapidement les plus affamés. En attendant qu’elles soient aussi célèbres que les pizzas, ce sont sur les foires et fêtes d’Anjou et de Touraine que des meuniers s’installent avec leur four à pain mobile, pour cuire les célèbres fouées, devant un public heureux de retrouver quelques racines moyenâgeuses.




Dans la même rubrique :
< >

Lundi 12 Octobre 2009 - 07:51 C’est la semaine du Goût

Lundi 18 Août 2008 - 07:24 Le pain aux airelles

Portrait | Actus locales | Loisirs | Tourisme | Economie | Multimédia | Environnement | Infos diverses | Cuisine | Social




devenir redacteur local

Recherche

Aubance’in baptisée ce week-end

Dans le cadre du grand pique-nique organisé ce dernier week-end d’Août par la commune de Brissac-Quincé et des montgolfiades de l’association Arc en Ciel d’Anjou, la montgolfière aux couleurs de la ville a été officiellement baptisée devant plusieurs centaines de brissacois en liesse. Le cordon tricolore a été coupé depuis la nacelle, dans la cour du château de Brissac, en présence des élus locaux et associatifs. Malgré un vent un peu fort elle s’est élevée dans le ciel sous les yeux admiratifs des bénévoles plutôt heureux de constater que leur travail lors du championnat d’Europe n’a pas été vain.

C’est la rentrée pour Aubance Webmag

Partis quelques mois en vacances, diffusant les reportages au compte goutte, les rédacteurs et responsables d’Aubance Webmag ont planché sur l’avenir de ce journal en ligne. Très consulté par les internautes, il n’a jamais trouvé suffisamment de bénévoles susceptibles de l’enrichir au fil des événements. Sans pour autant le faire disparaître totalement, les responsables planchent sur une nouvelle formule et une intégration de certaines rubriques dans celles de son frère, devenu plus grand : Angers Mag Info. Les informations générales et comptes rendus d’événements seraient intégrés dans une rubrique « Pays Loire Angers ». Nous vous en dirons plus dans quelques jours.

Aubancine, Bécassine ou plutôt Aubanc’in ?

Le nom de la montgolfière d’Arc en Ciel d’Anjou, aux couleurs de Brissac-Quincé et de l’Anjou, fait causer. Si le ballon n’a pas été officiellement baptisé, il le sera le 28 Août prochain, le nom communiqué sur les différents supports de communication, étant celui d’Aubancine, il ne fallut pas longtemps à certains pour le transformer en Bécassine, la célèbre bonne bretonne dessinée par Pinchon au siècle dernier. Précision faite lors de la dernière réunion publique de l’association par Madame la Présidente, le véritable nom serait : « Aubanc’in », c’est à dire dedans, dans le coup, dans le vent, à la mode….

syndication RSS Syndication Atom RSS podcast RSS mobile