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Culture

Eté contemporain, les humanoïdes du bief.


Par Yannick Sourisseau | le 18 Juillet 2007 | lu 2661 fois

Le bief du château, cet ouvrage souterrain, réhabilité par le Cercle d’Etudes du Duché de Brissac, créé l’événement local, en accueillant l’une des plus belles expositions de l’Eté Contemporain, manifestation culturelle organisée, pour la saison estivale 2007 en Loire-Aubance, par l’Office de Tourisme Brissac-Loire Aubance et sa galerie d’Art contemporain



les humanoïdes de Henri Pierre Bourget dans le bief
les humanoïdes de Henri Pierre Bourget dans le bief
Suite à un différent entre de jeunes artistes et le propriétaire du château de Brissac (voir article précédent ), l’édifice emblématique de la vallée de l’Aubance n’accueille plus aucune exposition d’art contemporain, comme cela était prévu dans le cadre d' « Un été contemporain », à l’exclusion du bief, cet ouvrage hydraulique désaffecté et réhabilité par les bénévoles du Cercle d’Etudes du Duché de Brissac, une association très active qui assure la promotion du patrimoine local.

Cet ouvrage, qui se situe en sous sol, offre l’avantage d’être particulièrement agréable en période estivale, même si en ce début d’été, la météo n’est pas caniculaire. L’édifice long de 240 mètres, conduit les visiteurs du pont sur l’Aubance de la rue Louis Moron, jusqu'à la route de Vauchrétien, en passant sous le square Jeanne Say. Disposant en partie centrale d’une grande salle voûtée, dans laquelle on peut cheminer sans se courber, même si l’on est de grande taille, l’ouvrage a été récemment doté d’un large caniveau en ardoise naturelle, permettant de faire circuler l’eau de plusieurs sources souterraines et d’allées gravillonnées. Le spectacle est du plus bel effet et pourrait se suffire à lui-même.

Mais dans le cadre de la manifestation associant art contemporain et patrimoine, les organisateurs ont eu la superbe idée, grace à la collaboration du CEDB, d’installer dans cette galerie souterraine aux murs en pierre de taille, l’exposition d’un sculpteur angevin : Henri-Pierre BOURGET. Ce dernier qui fit ses études d’arts plastiques aux beaux-arts de Tours et d'Angers, ainsi qu’à la faculté de Rennes, est aujourd’hui, en plus d’être un artiste reconnu pour la qualité de ses œuvres, enseignant dans une école supérieure d'arts appliqués, avec une spécialité : le travail sur le corps humain.

Et c’est justement ce travail, que l’artiste collaborateur des revues « Pratique des Arts » et « Plaisir de peindre », expose dans le bief de Brissac. « Au début de tout projet il y a l’homme, au centre de mes préoccupations. A l'origine de toutes mes réalisations il y a une situation vécue, vue ou entendue. Après vient l'idée, elle s'insinue dans mon esprit et prend la forme de petits croquis et de notes, de réflexions sur ce que cela m'inspire. Je laisse «mûrir» l'idée au milieu de plusieurs autres idées. » dit Henri-Pierre BOURGET.

Et le résultat est des plus intéressant. Utilisant des formes et des matières de toutes les époques, comme les fers à béton ou le torchis, l’artiste réalise des personnages énigmatiques, sortes d’humanoïdes ayant perdu toute appartenance à une société, ou une époque donnée. Placés sur des supports en bois, positionnés eux même en plein centre de la galerie, sur le caniveau central, les êtres de Henri-Pierre BOURGET, véritables sentinelles au regard sans fin, interrogent au passage les visiteurs que nous sommes. C’est un véritable tête à tête qui s’organise au fond de la terre, un échange qui donne du sens au travail de l’artiste, à l’exemple de ce personnage à taille humaine, sorte d’Icare aux ailes et au dos décharné, qui après avoir laissé quelques plumes, n’en finit pas de contempler son reflet sans vie dans l’eau qui circule dans le caniveau central.

L’exposition est accessible tous les jours depuis le château de Brissac, aux heures et tarifs de visite et gratuitement tous les mercredi jusqu’au 15 Août, avec les guides de l’Office de Tourisme et du CEDB. Visite au départ de l’Office de Tourisme à 11h. Renseignements au 02 41 91 21 50.




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