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Coutumes

Et si l'on tirait les rois ?


Par Yannick Sourisseau | le 6 Janvier 2007 | lu 2997 fois

Les fêtes de fin d'année et les repas conviviaux qui vont de pair à peine terminés, voici que l'on parle de se réunir de nouveau pour tirer les rois. La galette des rois, cette manifestation conviviale qui débute chaque année le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, se terminera au début du mois de Février, lorsque les galettes seront remplacées par les crêpes de la Chandeleur.



Quelques galettes à la frangipane à l'étal de la patisserie Rabin.
Quelques galettes à la frangipane à l'étal de la patisserie Rabin.
L'Épiphanie est une fête chrétienne célébrée chaque année le 6 Janvier. Cette fête rappelle la présentation de l'enfant Jésus, né quelques jours plus tôt dans une étable du coté de Bethléem, à trois mages venus d'Orient, les bras chargés de cadeaux rappelant leur pays d'origine. Épiphanie est un mot d'origine grecque qui signifie « manifestation » ou « apparition ». Le 6 Janvier c'est aussi, toujours pour les chrétiens, celui du premier miracle des noces de Cana et avant tout le jour du baptême de Jésus de Nazareth. Et pendant de nombreuses années toutes les religions de confessions chrétiennes fêtèrent plutôt le baptême de leur guide spirituel plutôt que la présentation aux nobles seigneurs orientaux. Pendant plusieurs siècles l'Epiphanie fut donc plus célèbre que Noël. C'est au Vème siècle de notre ère que l'Église Catholique décida de donner une importance capitale à cet évènement afin de mettre fin aux fêtes païennes, les saturnales, qui se déroulaient à la même période.

La galette des rois, que l'on partage à l'occasion de l'Épiphanie, est une tradition bien française qui remonterait au XIV siècle. Le jour des rois, c'est-à-dire des Mages, on se réunissait pour partager un gâteau circulaire cuit au four en autant de part qu'il y avait de convives, plus une part. Cette dernière que l'on appelait "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présentait à la porte ou que l'on rencontrait dans la rue.

De nos jours cette manifestation perdure et si le jour de l'Épiphanie, ou le Dimanche le plus proche, on partage la galette en famille, les jours suivant, ce seront les entreprises et les associations qui prendront le relais. En effet Janvier est souvent le mois au cours duquel chaque collectivité organise son assemblée générale. Immanquablement, et jusqu'à la fin du mois, ces réunions se termineront par le découpage de la galette, pour la plus grande joie des pâtissiers locaux. Si la tradition de la part supplémentaire à destination des pauvres n'est plus de mise aujourd'hui dans les foyers, certaines associations caritatives profitent de l'occasion pour distribuer des parts de galette aux personnes seules ou sans abri.

Et puisqu'il s'agit d'une manifestation en l'honneur de la visite des rois, il est coutume de désigner le roi de la fête. Le roi sera celui qui trouvera une fève dans sa part de galette. A l'origine on dissimulait dans le gâteau, une véritable fève, une graine issue d'un légume du même nom. Cette graine présentait l'avantage de ne pas se détruire lors de la cuisson de la pâte. De nos jours la fève alimentaire a été remplacée par une petite figurine en matériau résistant à la chaleur. Au siècle derniers, certains pâtissiers cachèrent une pièce de monnaie, généralement en or, dans certaines galettes. Aujourd'hui, la mode est aux petits objets en porcelaine représentant des santons ou des personnages de dessins animés, ou encore des créations originales que s'arrachent les collectionneurs.

Il existe plusieurs sortes de galettes selon les régions. De la bonne galette sablée au beurre en Bretagne, en passant par la briochée ou encore la frangipane constituée d'une double pâte feuilletée dans laquelle on incorpore de la crème d'amande, industrielle ou artisanale, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Pour tirer les rois, c'est-à-dire distribuer les parts, de manière aléatoire, on fait le plus souvent appel aux petits enfants de la maison. Ils se cachent alors sous une table et celui qui organise la fête dit : « A qui ? ». l'enfant indique alors à qui doit être remise la part et ainsi de suite jusqu’à ce que tout les convives soient servis. Ensuite chacun déguste son morceau de galette jusqu'à ce que le roi (ou la reine) soit trouvé. La tradition veut que celui qui est le roi, embrasse la reine qu’il choisit et offre à son tour une galette aux autres.

Entre Loire et Aubance, et selon la boulangerie - pâtisserie RABIN, Place Clemenceau, à Brissac-Quincé, c'est la galette briochée qui semble avoir le plus de succès. Son prix nettement inférieur à celui de la frangipane, n'est pas étranger à ce succès. La galette est généralement servie avec une bonne bouteille de vin blanc moelleux des coteaux de l'Aubance, un crémant de Loire, ou encore du cidre, là encore selon les goûts et les finances de chacun.




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