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Eau fête, le grand rendez-vous de l’agriculture en Anjou


Par Yannick Sourisseau | le 15 Septembre 2008 | lu 2545 fois

Commencé sous un temps particulièrement pluvieux, le 55ème national de labours, organisé ce week-end à la Daguenière, près d’Angers, s’est terminé en apothéose. Les jeunes agriculteurs, organisateurs de cette grande fête de plein air, entièrement dédiée à la terre, à l’eau et surtout au monde paysan, ont réussi leur pari, même si le public attendu n’était pas au rendez-vous.



Les courses de moissonneuses batteuses, une des plus spectaculaires attractions de la fête de la Daguenière
Les courses de moissonneuses batteuses, une des plus spectaculaires attractions de la fête de la Daguenière
A une voix près, les Jeunes Agriculteurs du Maine et Loire, avaient emporté en 2007, contre la Saône et Loire, l’organisation de la finale nationale du concours de labours. Avec un budget de 900 000 Euros, Christophe RÉVEILLÈRE, 27 ans, le responsable des J.A.49, ne craignait qu’une chose : que le ciel lui tombe sur la tête. Et ce fut le cas pour la journée du vendredi 12 Septembre, celle des professionnels. De violents orages se sont abattus sur la région angevine, rendant les 80 hectares de la manifestation impraticables. Un comble, puisque l’eau était le fil conducteur de cette fête de l’agriculture.

Pour les visiteurs qui auront tenté l’aventure, ce premier jour, un seul équipement se révélait alors indispensable : la paire de bottes. Mais dans le monde agricole, on est habitué aux caprices de la météo, et les bottes constituent la base même de l’habillement. N’empêche que la météo, peu propice aux déplacements sur terre, aura eu pour effet de réduire notablement le nombre des entrées de cette grande fête, bien préparée et prodigieusement bien encadrée.

« C’est une belle aventure humaine qui forme les jeunes à la prise de responsabilité » dira Christophe RÉVEILLÈRE, quelque peu dépité par le temps qui s’annonçait pour les trois jours. Mais plus question de reculer. Comme les champignons en automne, une nuée de tentes et barnums, avait poussé dans les champs inondables situés à l’entrée de la Daguenière, entre la levée de Belle Poule et la route de Saumur. Quant aux jeunes laboureurs, ils piaffaient d’impatience, à coté de leur tracteur bardé d’autocollants, prêts à creuser leur sillon dans le sol angevin.

Heureusement, la météo, ne fut pas tout a fait celle qui était prévue, et l’orage du vendredi a laissé place à de belles éclaircies, attirant du même coup tous les agriculteurs, mais aussi les badauds venus de l’Anjou toute entière. La fête avait repris ses droits et les charrues du concours de labours, venues des 22 régions de France, purent enfin commencer leur travail au cordeau devant des spécialistes du travail de la terre.

Outre les labours, mécanisées et à l’ancienne, avec des charrues tirées par des chevaux, la manifestation se voulait être une vitrine de l’Anjou Agricole. Animations sur le cycle de l’eau et sur les travaux entrepris par les agriculteurs pour préserver cette eau indispensable au développement de leurs cultures, outils d’irrigation, et même préservation des zones humides furent très appréciés du public qu’il soit issu de la filière agricole ou non.

Tout ce qui était en rapport, de près ou de loin, avec le monde agricole était présent sur le site, du matériel, souvent monstrueux, en passant par un marché fermier, des démonstrations de quads et autres 4x4, une aire de paintball, une grande roue pour prendre de la hauteur, des démonstrations de maniabilité en tracteur et même des courses de moissonneuses bardées de rails de sécurité et autres poutrelles en acier. Le spectacle était au coin du champ.

Des politiques avaient même fait le déplacement, Roselyne BACHELOT, venue en voisine et surtout Michel BARNIER, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Ce dernier au cours d’un discours fleuve a salué le travail des organisateurs : « J'ai passé dix ans de ma vie à organiser les Jeux olympiques d'Albertville. Je sais ce que c'est que d'organiser une immense manifestation nationale comme celle-ci. » a-t-il souligné tout en félicitant les jeunes gagnants du concours national de labours. « Je ne laisserai pas l'alimentation à la seule loi du marché. Les agriculteurs représentent 4 % de la population, mais ils travaillent à nourrir la reste ! » a-t-il ajouté, soulevant les applaudissements de la foule, majoritairement agricole, massée devant la tribune officielle.

C'est un jeune laboureur de 21 ans, Fabien THOMASSON, originaire de l'Ain, qui gagne le concours. Le régional de l'étape, Anthony VITRÉ, de la Daguenière, très soutenu par le public angevin, réussit à se hisser sur la troisième marche du podium.




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