« Vous n'avez jamais été aussi nombreux, je ne sais pas à quoi c'est dû » dira Philippe Cauwel en regardant du haut de l'estrade sur laquelle il avait pris position, la foule qui s'engouffrait avec difficulté dans la salle communale du Tertre à Brissac-Quincé.
Les personnes présentes pensaient peut-être assister, en direct, à une présentation de la nouvelle équipe. D'ailleurs dans la foule, certains parlaient déjà de celle qui assurera la continuité du travail entrepris avec maestria par le Maire encore en place. Mais code électoral oblige, Philippe Cauwel s'abstiendra de présenter qui que ce soit, à peine remerciera-t-il à l'issue de la cérémonie, sa garde rapprochée, Ghislaine Reinteau et Bernard Faure, dont chacun savait déjà qu'ils ne brigueront pas un autre mandat.
A l'aide d'un diaporama, intitulé « un nouveau visage pour notre commune », il s'est attaché à montrer comment était la commune en début de mandat et comment elle s'est transfigurée au fil de ces sept années. « Ce nouveau visage, c'est d'abord celui des 103 foyers qui sont venus en 2007 s'installer à Brissac. Le village que vous avez choisi est en profonde mutation, sans avoir perdu de son charme et de son identité forte, au sein d'une Intercommunalité où nous nous sentons tout à fait à l'aise. »
Sur le plan du dynamisme économique, le maire présentera une vue aérienne du parc des Fontenelles en annonçant que le départ prévu de l'entreprise Castel sera largement compensé par les 400 emplois à terme de Pasquier et les 85 de Leclerc. « Concernant Pasquier j'ai dû répondre à pas moins de 2500 questions concernant la hauteur du bâtiment. J'ai dit que c'était un hangar pour stocker les montgolfières sans les dégonfler » provoquant ainsi le rire de l'assemblée. Concernant l'urbanisme, le maire a rappelé à l'aide d'une photo, les anciens établissements Lecomte dont la ruine industrielle menaçait de s'écrouler au moindre coup de vent et la place Montgolfier flambant neuve qui la remplace. « Quincé est aujourd'hui méconnaissable et c'est heureux ». Il n'oubliera pas la gendarmerie transformée en mairie annexe, le rénovation de la mairie de Brissac, laquelle aura duré pratiquement tout un mandat, la démolition du château d'eau de la Place du Général de Gaulle, la nouvelle gendarmerie, la médiathèque et même le cimetière. Il n'oubliera pas de saluer les amis italiens de Caluso et remercier le personnel de la Mairie avec lequel il a pris plaisir à travailler.
Tous les travaux de modification, d'amélioration et d'embellissement, forts nombreux, conduits par une équipe municipale au dynamisme sans égal furent passés en revue, sans oublier bien sûr les finances dont chacun pu, graphique à l'appui, observer l'équilibre et le faible niveau d'endettement. Cerise sur le gâteau, ce maire exemplaire aura réussi l'exploit, malgré tous ces travaux, de ne pas augmenter la part communale des impôts locaux depuis 4 ans.
« Je vous l'avoue j'ai un peu le cœur gros en déposant mon écharpe » dira Philippe Cauwel, des sanglots dans la voix. « Ce que je retiens de ces années merveilleuses, c'est que pour pouvoir prétendre être un bon maire, il faut avant tout aimer son village, mais aussi aimer les gens. J'ai eu beaucoup de messages d'amitié ces temps derniers, certains sont peut-être contents que je m'en aille. Je confie le bébé (en bonne santé) à des mains expertes et si j'ai exercé cette mission avec passion, souvent trop intensément, c'est que je ne sais pas vivre autrement. Aujourd'hui, je me sens plus proche de vous qu'il y a sept ans et pour tout ce que vous m'avez permis de réaliser dans notre beau village, du fond du cœur je vous dis un immense merci ! » terminera-t-il, pratiquement en larmes, découvrant ainsi son coté humain.
Les nombreux habitants ont semble-t-il apprécié le travail de ce maire qui, malgré un abord parfois hautain et distant, n'aura laissé personne sur le bord du chemin. D'ailleurs, après ce moment d'intense émotion, c'est par un tonnerre d'applaudissements qu'ils ont salué son travail et l'humanisme dont il a su faire preuve.