Des OGM toujours aussi difficiles à digérer


Organisé ce vendredi 1er Février dans la salle communale du Ruau, à Charcé Saint Ellier sur Aubance par le GPDP (Groupement Pour le Débat Public), le débat contradictoire sur le thème des OGM, a connu un vif succès. Malgré les récentes décisions gouvernementale, le thème est toujours aussi porteur et les habitants, confrontés de près à la culture du maïs génétique ne se sont pas fait prier. Seule ombre au tableau, des interventions un peu trop techniques et un certain parti pris.



Alain Toppan, chercheur chez Limagrain
Alain Toppan, chercheur chez Limagrain
Si les organisateurs n'avaient pas eu l'idée d'inviter un chercheur en biotechnologie végétale de la société semencières Limagrain, on aurait pu croire qu'il s'agissait du rassemblement d'une association alter mondialiste. En ce premier jour de Février, au moins 300 personnes avaient pris position dans la salle du Ruau pour participer à ce premier débat contradictoire du GPDP, avec toutes la même volonté : dire non aux OGM. Ceux qui étaient plutôt pour, ou avaient un avis plus nuancé sur la question, ont été contraints de faire profil bas au risque de se faire lyncher par quelques activistes particulièrement remontés.

La soirée a commencé par la présentation d'une vidéo didactique de Christian Vélot, cet enseignant-chercheur en Génétique moléculaire à l'Université Paris-Sud et responsable d'une équipe de recherche à l'Institut de Génétique et Microbiologie au Centre Scientifique d'Orsay. Ce dernier qui affirme manipuler, depuis de nombreuses années, des OGM à usage médical, dénonce régulièrement les cultures de plantes génétiquement modifiées, dans des conférences et plus près de nous au Festival du Film Nature de Murs Erigné. Ses prises de positions, tant auprès des tribunaux pour la défense de faucheurs volontaires que des médias, lui valent quelques soucis professionnels (voir article).

Cette présentation technique et parfois humoristique avait pour avantage de faire comprendre aux spectateurs les moins férus de génétique, ce qu'était et ce que pouvait apporter, sur le plan médical la manipulation des gènes, notamment pour la fabrication industrielle de l'insuline.

Mais ce qu'attendaient visiblement la majorité des participants, pour la grande majorité opposants à cette technologie, c'est l'intervention d'Alain Toppan, chercheur en biotechnologies végétales à la société semencière Limagrain. Certains étant prêts à en découdre avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à la firme américaine Monsanto, ils pensaient trouver là un bouc émissaire. Fort heureusement, ce chercheur originaire du Sud-Ouest avec sa décontraction naturelle et son accent chaleureux, ne s'en est pas laissé compter. Du reste, avec son physique « soixante-huitard » on aurait presque pu le prendre lui aussi pour un alter mondialiste.

Daniel Raoul, sénateur PS de Maine et Loire
Daniel Raoul, sénateur PS de Maine et Loire
« Je ne comprend rien à ce que vous dites » dira un spectateur, visiblement agacé par les propos très techniques du scientifique. Ce dernier qui disposait de peu de temps pour essayer de convaincre ou plutôt rassurer une foule visiblement hostile, ne fut pas aidé par la technique, essuyant en dehors de quelques quolibets, une panne de l'ordinateur prêté par les organisateurs. « Pouvez-vous nous assurer que les OGM ne présentent aucun danger » lance une spectatrice. « Dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons pas relevé de risques majeurs pour l'homme. Je ne considère donc pas les plantes génétiquement modifiées comme dangereuses. Dans le cas de maïs de type BT (Monsanto 810), il s'agit d'une plante insecticide, capable de résister à certaines attaques. Les petits pois sont aussi des plantes insecticides naturelles. Ils n'ont jamais tué personne. Quant au gène utilisé pour le maïs il est contenu naturellement dans le sol » affirme le chercheur, oubliant sans doute qu'il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il terminera son exposé en affirmant que la dernière prise de position concernant les OGM, par le gouvernement français, était purement politique.

Des propos repris par Daniel Raoul, adjoint au Maire d'Angers et Sénateur PS de Maine et Loire, lequel participe à l'élaboration d'un texte de loi sur les organismes génétiquement modifiés. «Je ne suis pas d'accord avec le slogan - Non aux OGM-. Je suis plutôt pour l'expérimentation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) en plein champ, car on ne peut pas reproduire en laboratoire ou en serre, les conditions climatiques. Mais cette culture ne peut pas se faire sans transparence et sans contrôle des éventuels risques sanitaires »

Champion à l'applaudimètre

Valentin Beauval, agronome et agriculteur
Valentin Beauval, agronome et agriculteur
Mais celui que tout le monde attendait était sans conteste, Valentin Beauval, ingénieur agronome et diététicien, mais aussi exploitant agricole en région Sud Saumuroise. Ce dernier, avec une salle largement acquise à sa cause, a été largement plus applaudi que son collègue. « D'après mes observations, les plantes génétiquement modifiées n'apportent rien sur le plan de la production et de la valeur nutritive de la plante. J'ai même constaté que dans de nombreux pays du Tiers-Monde, il fallait toujours autant de produits phytosanitaires. Les plantes OGM font même apparaître de nouvelles herbes ». Des propos qui firent mouche dans la salle, d'autant que les semences de maïs, les désherbants, les pesticides et autres fongicides sont proposés par la même société : Monsanto.

« Même si je ne suis pas toujours d'accord sur les chiffres avec Alain, je considère que la société Limagrain est plutôt raisonnable » continue Valentin Beauval, qui, s'il affirme ne pas être opposé à la culture des plantes insecticides, cherche plutôt à prouver qu'elle n'apporte rien de plus et que l'argent mis dans la recherche pourrait servir aux paysans étranglés par les multinationales de l'agro-alimentaire.

« Ce qui me révolte, c'est que les paysans ne peuvent pas concevoir et utiliser leurs propres semences. Elles sont considérées comme une contrefaçon. » poursuivra Valentin Beauval, fortement approuvé par les spectateurs. Il affirmera que sans être contre la science il existe des techniques alternatives qui permettent d'obtenir des résultats similaires. « Les généticiens sont peut-être trop prétentieux et L'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) n'assure pas sa mission de service public » rappelant au passage qu'il y a 9 ans, dans la région, des analyses ont été effectuées sur la viande et le lait de vaches nourries au maïs génétique et que les résultats n'ont toujours pas été fournis. De quoi inquiéter les plus pessimistes et tous ceux qui sont opposés aux bio technologies.

Mais, pour reprendre la phrase favorite d'une humoriste : « On ne nous dit pas tout ! » ou, dans l'état actuel des connaissances, on ne peut pas nous dire ou pire, au dire de certains, dans les rangs de l'assemblée charcéenne, on ne veut pas nous dire. Le mystère restera donc entier, chacun campant sur ses positions. L'avenir verra peut-être naître un scandale des OGM ou rien du tout.

Mais, comme l'affirme Alain Toppan, le secteur est tellement sensible et enclin à polémique que de moins en moins de chercheurs veulent s'investir dans les PGM. « C'est dommage, mais si l'on veut être cohérent avec nous même il faut aussi interdire l'importation de soja ou de maïs génétique, cultivés en Amérique du Sud

Organisateurs et habitants de la région de Charcé Saint Ellier sur Aubance se sont néanmoins quittés bons amis, en affirmant que s'ils n'étaient pas opposés aux recherches génétiques en laboratoire, ils rejetaient toujours et dans l'état actuel, la culture des PGM en plein champ.

Samedi 02 Février 2008
Cet article a été lu 444 fois


Dans la même rubrique :

|1| >>

Evènements | Les Alleuds | Blaison Gohier | Brissac-Quincé | Charcé Saint Ellier | Chemellier | Juigné sur Loire | Luigné | Mozé sur Louet | Murs Erigné | Saint Jean des Mauvrets | Saint Melaine sur Aubance | Saint Saturnin sur Loire | Saulgé l'hôpital | Soulaines sur Aubance | Vauchrétien | Saint Rémy La Varenne





devenir redacteur local


Recherche

Votre maire en vidéo

Nos reportages audiovisuels, permettant de faire connaître les maires du Sud Loire aux citoyens par l'intermédiaire d'un entretien vidéo, n'ont pas connu le succès escompté. Parmi les maires contactés, certains, peu à l'aise devant une caméra, ont préféré décliner l'invitation. D'autres, pour les raisons évoquées dans l'article sur la liberté de la presse, nous ont renvoyé derrière nos claviers, enfin certains pour des raisons d'emploi du temps, n'ont pas encore trouver le moment opportun pour nous recevoir. Nous espérons réaliser quelques entretiens avant l'été. Mais déjà, nous remercions ceux qui ont joué le jeu et par la même, nous ont encouragé à poursuivre notre action d'information citoyenne.

Une randonnée pour l'autisme

A l'occasion des « Rendez-vous Nationaux de l'Autisme », l'association Autisme 49 organise une grande randonnée - pédestre, cyclorourisme, vélo famille, VTT, équestre, en collaboration avec l'ESA Cyclo, Vélo en piste et les cavaliers de l'Aubance, le 18 Mai 2008 dans la région de l'Aubance. Départ entre 7h30 et 11h30 depuis l'Ecole des Jardins à Brissac-Quincé. Retour sur le même site entre 11h30 et 13h. Cette manifestation encouragée par les associations, commerçants, artisans et viticulteurs et la ville de Brissac à pour but de soutenir l'association dans ses actions, pour une éducation et un accompagnement des personnes touchées par ce handicap. Renseignements : Roger Lambert 06.89.07.50.70 ou ro.mo@free.fr

Grand tournoi de tennis de table

Les sportifs de la commune de Saint Saturnin sur Loire, proposent, dans la salle de l'Evière, un grand Tournoi de Tennis de Table, le 17 mai 2008. Ce tournoi est ouvert à tous et on peut même y participer en famille. Les échanges débuteront à 13h30 avec les jeunes licenciés et non licenciés et se terminera à 17h30 avec le tournoi des familles, à 2, 3 ou 4 par équipe. Un vin d'honneur sera servi à l'issue du tournoi. Prix des inscriptions : 3 €. Contact pour plus d'info Hervé au 02.41.57.81.35 ou Pascal : 02.41.74.08.56 ou par courriel


syndication RSS Syndication Atom RSS podcast RSS mobile