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Des OGM toujours aussi difficiles à digérer
Par Yannick Sourisseau | le 2 Février 2008 | lu 4220 fois
Organisé ce vendredi 1er Février dans la salle communale du Ruau, à Charcé Saint Ellier sur Aubance par le GPDP (Groupement Pour le Débat Public), le débat contradictoire sur le thème des OGM, a connu un vif succès. Malgré les récentes décisions gouvernementale, le thème est toujours aussi porteur et les habitants, confrontés de près à la culture du maïs génétique ne se sont pas fait prier. Seule ombre au tableau, des interventions un peu trop techniques et un certain parti pris.
Alain Toppan, chercheur chez Limagrain
Si les organisateurs n’avaient pas eu l’idée d’inviter un chercheur en biotechnologie végétale de la société semencières Limagrain, on aurait pu croire qu’il s’agissait du rassemblement d’une association alter mondialiste. En ce premier jour de Février, au moins 300 personnes avaient pris position dans la salle du Ruau pour participer à ce premier débat contradictoire du GPDP, avec toutes la même volonté : dire non aux OGM. Ceux qui étaient plutôt pour, ou avaient un avis plus nuancé sur la question, ont été contraints de faire profil bas au risque de se faire lyncher par quelques activistes particulièrement remontés.
La soirée a commencé par la présentation d’une vidéo didactique de Christian Vélot, cet enseignant-chercheur en Génétique moléculaire à l’Université Paris-Sud et responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie au Centre Scientifique d’Orsay. Ce dernier qui affirme manipuler, depuis de nombreuses années, des OGM à usage médical, dénonce régulièrement les cultures de plantes génétiquement modifiées, dans des conférences et plus près de nous au Festival du Film Nature de Murs Erigné. Ses prises de positions, tant auprès des tribunaux pour la défense de faucheurs volontaires que des médias, lui valent quelques soucis professionnels ( voir article).
Cette présentation technique et parfois humoristique avait pour avantage de faire comprendre aux spectateurs les moins férus de génétique, ce qu’était et ce que pouvait apporter, sur le plan médical la manipulation des gènes, notamment pour la fabrication industrielle de l’insuline.
Mais ce qu’attendaient visiblement la majorité des participants, pour la grande majorité opposants à cette technologie, c’est l’intervention d’Alain Toppan, chercheur en biotechnologies végétales à la société semencière Limagrain. Certains étant prêts à en découdre avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à la firme américaine Monsanto, ils pensaient trouver là un bouc émissaire. Fort heureusement, ce chercheur originaire du Sud-Ouest avec sa décontraction naturelle et son accent chaleureux, ne s’en est pas laissé compter. Du reste, avec son physique « soixante-huitard » on aurait presque pu le prendre lui aussi pour un alter mondialiste.
Daniel Raoul, sénateur PS de Maine et Loire
« Je ne comprend rien à ce que vous dites » dira un spectateur, visiblement agacé par les propos très techniques du scientifique. Ce dernier qui disposait de peu de temps pour essayer de convaincre ou plutôt rassurer une foule visiblement hostile, ne fut pas aidé par la technique, essuyant en dehors de quelques quolibets, une panne de l’ordinateur prêté par les organisateurs. « Pouvez-vous nous assurer que les OGM ne présentent aucun danger » lance une spectatrice. « Dans l’état actuel de nos connaissances, nous n’avons pas relevé de risques majeurs pour l’homme. Je ne considère donc pas les plantes génétiquement modifiées comme dangereuses. Dans le cas de maïs de type BT (Monsanto 810), il s’agit d’une plante insecticide, capable de résister à certaines attaques. Les petits pois sont aussi des plantes insecticides naturelles. Ils n’ont jamais tué personne. Quant au gène utilisé pour le maïs il est contenu naturellement dans le sol » affirme le chercheur, oubliant sans doute qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il terminera son exposé en affirmant que la dernière prise de position concernant les OGM, par le gouvernement français, était purement politique.
Des propos repris par Daniel Raoul, adjoint au Maire d’Angers et Sénateur PS de Maine et Loire, lequel participe à l’élaboration d’un texte de loi sur les organismes génétiquement modifiés. «Je ne suis pas d’accord avec le slogan - Non aux OGM-. Je suis plutôt pour l’expérimentation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) en plein champ, car on ne peut pas reproduire en laboratoire ou en serre, les conditions climatiques. Mais cette culture ne peut pas se faire sans transparence et sans contrôle des éventuels risques sanitaires »
Champion à l’applaudimètre
Valentin Beauval, agronome et agriculteur
Mais celui que tout le monde attendait était sans conteste, Valentin Beauval, ingénieur agronome et diététicien, mais aussi exploitant agricole en région Sud Saumuroise. Ce dernier, avec une salle largement acquise à sa cause, a été largement plus applaudi que son collègue. « D’après mes observations, les plantes génétiquement modifiées n’apportent rien sur le plan de la production et de la valeur nutritive de la plante. J’ai même constaté que dans de nombreux pays du Tiers-Monde, il fallait toujours autant de produits phytosanitaires. Les plantes OGM font même apparaître de nouvelles herbes ». Des propos qui firent mouche dans la salle, d’autant que les semences de maïs, les désherbants, les pesticides et autres fongicides sont proposés par la même société : Monsanto.
« Même si je ne suis pas toujours d’accord sur les chiffres avec Alain, je considère que la société Limagrain est plutôt raisonnable » continue Valentin Beauval, qui, s’il affirme ne pas être opposé à la culture des plantes insecticides, cherche plutôt à prouver qu’elle n’apporte rien de plus et que l’argent mis dans la recherche pourrait servir aux paysans étranglés par les multinationales de l’agro-alimentaire.
« Ce qui me révolte, c’est que les paysans ne peuvent pas concevoir et utiliser leurs propres semences. Elles sont considérées comme une contrefaçon. » poursuivra Valentin Beauval, fortement approuvé par les spectateurs. Il affirmera que sans être contre la science il existe des techniques alternatives qui permettent d’obtenir des résultats similaires. « Les généticiens sont peut-être trop prétentieux et L’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) n’assure pas sa mission de service public » rappelant au passage qu’il y a 9 ans, dans la région, des analyses ont été effectuées sur la viande et le lait de vaches nourries au maïs génétique et que les résultats n’ont toujours pas été fournis. De quoi inquiéter les plus pessimistes et tous ceux qui sont opposés aux bio technologies.
Mais, pour reprendre la phrase favorite d’une humoriste : « On ne nous dit pas tout ! » ou, dans l’état actuel des connaissances, on ne peut pas nous dire ou pire, au dire de certains, dans les rangs de l’assemblée charcéenne, on ne veut pas nous dire. Le mystère restera donc entier, chacun campant sur ses positions. L’avenir verra peut-être naître un scandale des OGM ou rien du tout.
Mais, comme l’affirme Alain Toppan, le secteur est tellement sensible et enclin à polémique que de moins en moins de chercheurs veulent s’investir dans les PGM. « C’est dommage, mais si l’on veut être cohérent avec nous même il faut aussi interdire l’importation de soja ou de maïs génétique, cultivés en Amérique du Sud.»
Organisateurs et habitants de la région de Charcé Saint Ellier sur Aubance se sont néanmoins quittés bons amis, en affirmant que s’ils n’étaient pas opposés aux recherches génétiques en laboratoire, ils rejetaient toujours et dans l’état actuel, la culture des PGM en plein champ.
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Du tennis de table sur fond de jazz
À l’occasion du Tournoi des familles organisé par l’ASI Mûrs-Erigné le dimanche 1er mai, dans le complexe sportif Myriam-Charrier, la section tennis de table fêtera la Fête du muguet en accueillant un concert de jazz.
Dans le cadre de sa programmation culturelle, le centre Jean-Carmet présentera en effet la dernière étape de sa décentralisation avec le quartet « Not Five ». Ce groupe jouera de la musique swing, dosé à son propre goût avec une graine de musette et une autre de musique tzigane dans une formule modulable (guitare, piano, accordéon, basse, clarinette, violon). Entrée Libre.
Un marché du samedi à Mûrs-Erigné
À partir de samedi 9 avril, un marché est de nouveau organisé au parc du Jau, à Mûrs-Erigné. Venez vous approvisionner en fruits et légumes avec M. Joss, maraîcher, qui vous proposera des plants de légumes, des légumes et des fruits de saison ainsi que des tisanes maison. L'arbre à galettes, restaurant ambulant de crêpes et de galettes bio, sera aussi de la partie pour faire frémir vos papilles.
Le marché sera ouvert de 8h à 13h au parc du Jau.
Circulation modifiée sur l’A87
ASF (Autoroutes du Sud de la France) poursuit ses travaux d'aménagement sur l'A87, rocade Est d'Angers, en apportant des modifications de circulation provisoires.
Pour permettre la pose d’écrans anti-bruits, l’échangeur Parc des expositions (n°15) sera fermé partiellement dans le sens Paris-Le Mans /Cholet, quatre nuits consécutives du lundi 4 avril au jeudi 7 avril 2011.
La bretelle d’entrée en direction de Cholet sera fermée alors que la bretelle de sortie restera ouverte.
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