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Denis Péan, le musicien épris de poésie
Par Propos recueillis par Michel Barini | le 3 Octobre 2007 | lu 4749 fois
Auteur, chanteur et musicien du groupe Lo’Jo, Denis Péan s’efface l’espace d’un instant derrière le poète pour présenter un recueil de textes poétiques et de chroniques de voyage « Musée la parole » qu’il publie aux Editions Almarita. Une évasion de courte durée puisque le musicien et l’écrivain ne font qu’un et cheminent ensemble pour le meilleur.
Denis Péan : « Rester dans sa région. Être activiste ici. Pourquoi aller ailleurs ? »
Voilà quelqu’un qui possède le don de vous accueillir et l’art de vous mettre à l’aise en adoptant d’emblée l’usage de votre prénom. Gentillesse et simplicité personnifiées. Ce qui conforte l’impression donnée au cours d’un entretien téléphonique pour convenir d’un rendez-vous. C’est chez lui, dans l’intimité d’une grande pièce à vivre où cuisine, salle à manger et salon se partagent l’espace, que Denis Péan reçoit son visiteur du jour.
Entre un concert donné la veille et un autre à suivre le lendemain, au milieu d’une foule d’activités artistiques, musicales et littéraires, il arrive même à donner l’impression qu’il n’attendait que vous tant il fait montre d’une disponibilité à toute épreuve. Le temps de parler de la sortie de son livre, bien entendu, mais aussi de la musique, des gens, des voyages, de la région…
aubance web mag : Est-ce que l’écrivain de « Musée la parole » est dans la même veine et les mêmes thèmes que l’auteur-interprète du groupe Lo’Jo ?
Denis Péan : Je n’ai qu’un monde, je le traduis en musique, en paroles, dans mes activités sociales. C’est le mien, celui des gens qui me sont proches, celui des contrées que je visite. Donc, ma source d’inspiration est égale pour la parole, pour la poésie, pour la musique.
aubance web mag : Aviez-vous plus de liberté en écrivant cet ouvrage, dans le style, dans l’écriture, dans le rythme, qu’au service du groupe ?
Denis Péan : Plus de liberté. Car là, l’écriture, ça ne concerne qu’une seule personne, je peux rayer quelque chose que j’ai mis une semaine à écrire sans aucun scrupule. Ça ne concerne que moi, il n’y a qu’une main, qu’une tête qui s’exprime. Dans un groupe, il y a beaucoup de monde, un consensus, une concession, l’écoute de l’autre, la réserve pour rentrer dans un ensemble. Là, c’est une parole pleine, j’ai le droit aux excès, je ne représente que moi, c’est une liberté.
aubance web mag : Avez-nourri son contenu de vos voyages, vos rencontres, vos souvenirs, votre métier… De ces richesses-là ?
Denis Péan : C’est un parcours philosophique à l’intérieur de toutes ces paroles. Un peu lancées en l’air quelquefois : soit très limpides, soit très hermétiques. Il y a une part de magie qui a pris feu là-dedans. Bien sûr, tout ce qu’on connaît inspire l’écriture : les gens, les autres, soi-même. Ce sont des déambulations dans le temps qui passe, les voyages, les contrées, les terres d’ailleurs. Et puis, les paroles des exilés, des natifs, des anciens, de la marmaille naissante… « L’histoire déambule dans ses vêtements d’escale » que je cite dans le livre pourrait être une phrase générique. C’est un point de vue des leçons tirées de la vie, des énigmes que je traduis en mystères poétiques aussi. On ne peut pas tout expliquer, tout comprendre non plus. La poésie n’explique pas tout.
aubance web mag : Pourquoi de la poésie, des chroniques, plutôt qu’un récit ?
Denis Péan : Mes textes sont courts, laconiques, se rapprochent d’une formulation de conte, retracent quelquefois des situations très concrètes, parlent de gens simples dont on croise le regard. Il y a des textes de voyages, sur le Sahara, sur un voyage aux Etats-Unis, de l’Arizona à l’Orégon, des odes à la nature, l’histoire de certains peuples anciens. J’évoque aussi les aborigènes d’Australie sous le titre « Un continent ».
aubance web mag : Qui sont ces artistes qui ont illustré votre livre ?
Denis Péan : Des gens que j’ai croisés, qui sont devenus des amis, qui n’ont pas toujours l’occasion d’être édités, c’était un plaisir pour moi. Ils ajoutent une phrase à mes phrases, une image à mes images. Ils n’ont pas illustré mes textes, j’ai choisi des dessins et des photos existants. Ces illustrations racontent à leur façon la même chose. Mes poèmes sont des images, j’ai l’impression de peindre en écrivant. D’autres écrivent en peignant. C’est une somme de symboles : l’écriture n’est pas si loin du dessin, elle est réglée, codifiée. Des écritures anciennes se caractérisent par le fait qu’elles en sont proches : les hiéroglyphes notamment, les symboles de l’écriture Tamashek, les Touaregs du Sahara. Tout est proche, tout comme la musique.
Une étonnante valise de colporteur pour un voyage en territoire poétique.
aubance web mag :Est-ce que l’homme qui signe quasiment toutes les chansons de Lo’Jo est attaché à la notion de groupe ?
Denis Péan : Lo’Jo, c’est comme un groupe d’artisans qui construisent la même maison, chacun à son poste, avec ses qualités. C’est un travail d’écoute, d’exigence avec les autres, avec soi. C’est trouver une ligne commune avec nos différences. Comme une petite entreprise. C’est aussi notre métier, ce n’est pas un luxe, pas un caprice. C’est une façon de vivre et d’en vivre. J’aime aussi cette notion de métier.
aubance web mag : Où allez-vous chercher vos sons, vos influences et même vos instruments de musique ?
Denis Péan : Depuis que j’ai commencé la musique, à mon adolescence, j’ai été éveillé à tous les sons, j’ai traîné dans les concerts de punks, j’ai joué du basson dans les orchestres classiques, ça m’a émerveillé d’être un musicien anonyme au milieu d’une procession de timbres. J’ai aimé les concerts de jazz, j’ai rencontré les anciens, serré la main de Don Cherry, le trompettiste américain. J’aime les soirées D’J, les sons électroniques. Je découvre et je suis touché. En Afrique, j’ai écouté, j’ai tendu l’oreille. En Europe centrale, j’ai croisé des musiciens tziganes. J’adore ces différentes pratiques. Adopter ces notions de vie d'un instrument, se débrouiller avec, adapter ces virtuosités, l’éloquence ce ces timbres : le violon, la contrebasse, l’accordéon…
aubance web mag : « Bazar savant », l’album, est présenté comme « le meilleur ». Quelles différences avec les précédents ?
Denis Péan : On espère toujours aboutir à la fusion de ses idées, de ses fantasmes sonores. On s’en approche, on se perd en chemin, on cherche quelque chose. Cette mission me guide, je cherche à l’accrocher, à l’attraper, je cours après. Par quelle faille entrer, par quel détour, pour capter cette énergie que j’ai entendue dans ma tête.
aubance web mag : Le groupe est installé dans la campagne érimûroise, au Centre de création artistique de la Fontaine-du-Mont, pourquoi ce choix ?
Denis Péan : C’est une opportunité saisie à l’occasion d’une rencontre avec le maire de la commune lors d’un festival. Et un choix pour nous : rester dans notre région natale, être activistes ici. Le parcours obligé, c’est monter à Paris, s’installer en Amérique latine ou je ne sais où. Je pense que là, il y a une intensité intellectuelle, une humeur pacifique, un terrain possible pour les idées. J’aime être ici, pourquoi aller ailleurs. Simplement, on se met ensemble pour mener notre vie et la faire partager.
aubance web mag : Vous vous investissez localement pour la commune ? Ça se traduit comment et qui en profite ?
Denis Péan : Ma dernière expérience avait lieu avec les adolescents en difficulté du Foyer de Trémur de Mûrs-Erigné où nous avons organisé des ateliers d’écriture pendant un moment de partage. En outre, nous organisons des spectacles à la maison pour les gens de la commune à l’occasion d’apéro-concerts. Trois viennent d’avoir lieu, un autre arrive avec une chanteuse en octobre. J’ai fait ma dédicace à Mûrs-Erigné et non à Angers, à Avrillé ou ailleurs. En février, je retrouverais à la bibliothèque municipale des jeunes de 8 à 14 ans pour des ateliers.
aubance web mag : Des artistes viennent s’installer en résidence, ici chez vous, pour travailler. C’est important de les accueillir ?
Denis Péan : Bien sûr, nous avons de la chance d’avoir une grande maison. Ici, il y a toujours du monde en résidence informelle, de passage. Nous, on voyage, on sait ce que veut dire se poser, trouver un havre de paix, un endroit plus agréable que l’hôtel. Donc, on en a besoin, c’est important de respirer au milieu d’une tournée et de côtoyer d’autre gens.
« Musée la parole » de Denis Péan. Disponible à la Librairie « Les Trois Lectures », rue du Mail à Angers (10 €). Sur commande aux Editions Almarita, La Fontaine-du-Mont, 49610 Mûrs-Erigné (13 €). Renseignements sur le site web lojo.org
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Café-concert avec Sens of Luna
Deborah Laroque, auteur, compositeur, interprète, accompagnée de 4 musiciens, de guitares, d’une basse, d’une batterie, vous offre une invitation au voyage, une traversée électro-acoustique qui vous fredonne à l’oreille une poésie nomade. À découvrir le vendredi 12 février 2010, à 21 heures.
Centre culturel Jean-Carmet, à Mûrs-Erigné. Tarif plein : 10 €. Erimûrois : 5 €. Renseignements : 02.81.57.81.85.
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La finalité de cette action est de soutenir les parents dans leurs compétences et valoriser leur parole. La soirée permettra d’aborder de façon ludique l’autorité, le respect, la communication …. Des professionnels de l’enfance viendront enrichir la parole des parents.
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